La France va réaliser des vols d’entraînement au-dessus de la Bosnie, annonce l’EUFOR
La force de maintien de la paix de l’Union européenne (EUFOR) a annoncé samedi que la France allait effectuer au cours des prochaines semaines des vols d’entraînement à réaction rapide au-dessus de la Bosnie, compte tenu de la détérioration de la situation sécuritaire au niveau international.
La semaine dernière, l’Union européenne a décidé de porter cette force de 600 à 1.100 hommes en envoyant en Bosnie des renforts en provenance de l’Autriche, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie dans le contexte des tensions liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
La Bosnie se trouve à des centaines de kilomètres des combats, mais est fait face à un mouvement séparatiste serbe de Bosnie de plus en plus affirmé qui, selon les experts, bénéficie au moins du soutien tacite de Moscou.
« Le porte-avions Charles-de-Gaulle est actuellement en train de réaliser un entraînement opérationnel en Méditerranée et,
à partir du lundi 7 mars, ses avions Rafale effectueront des survols des Balkans occidentaux dont la Bosnie-Herzégovine », a déclaré l’EUFOR.
De hauts responsables de l’Otan et de l’UE estiment que l’instabilité de la guerre en Ukraine pourrait s’étendre aux Balkans occidentaux, à la Moldavie et la Géorgie.
La Bosnie, comme l’Ukraine, a longtemps déclaré vouloir adhérer à l’Otan, une position jugée inacceptable par Moscou.
En vertu des accords de paix de Dayton de 1995, la Bosnie est divisée en deux entités autonomes, la République serbe de Bosnie et la Fédération de Bosnie-Herzégovine dominée par les Croates et les Musulmans bosniaques, reliées entre elles par un gouvernement central aux prérogatives limitées.
Les Serbes de Bosnie, dirigés par le pro-russe Milorad Dodik, exigent pour leur part que le pays reste neutre et ne rejoigne pas l’Otan.
Milorad Dodik veut remettre en cause toutes les réformes institutionnelles mises en oeuvre depuis la guerre, pour revenir à la constitution de 1995, dans laquelle tous les pouvoirs étaient dévolus aux régions, l’Etat central n’assumant que des responsabilités mineures.
(Reportage Daria Sito-Sucic, version française Jean-Michel Bélot)
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