Hésitation en vue en Europe, dollar et pétrole montent toujours
par Marc Angrand
PARIS (Reuters) – Les principales Bourses européennes sont attendues en ordre dispersé lundi, les réactions mitigées suscitées vendredi par les chiffres de l’emploi américain continuant d’inciter à la prudence malgré la tendance positive en Asie, à deux jours du début de la période de publication des résultats.
Les contrats à terme sur indices suggèrent une hausse de 0,11% pour le CAC 40 à Paris mais un repli de 0,32% pour le Dax à Francfort, de 0,1% pour le FTSE 100 à Londres et de 0,37% pour l’EuroStoxx 50.
Les actions européennes ont fini dans le rouge vendredi après le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis, qui n’a pas remis en cause la conviction dominante selon laquelle la Réserve fédérale annoncera dans trois semaines le début du « tapering », la réduction progressive de ses achats d’obligations sur les marchés.
Parallèlement, la hausse ininterrompue des prix du pétrole et le débat sur les hausses de salaires continuent d’alimenter les craintes d’une accélération durable de l’inflation, un scénario défavorable aux actions.
Dans ce contexte, les investisseurs attendent mercredi les chiffres des prix à la consommation aux Etats-Unis, puis le compte rendu de la dernière réunion de la Fed.
Ils surveilleront aussi les nouvelles prévisions des sociétés cotées à l’occasion de la présentation de leurs résultats trimestriels. Comme d’habitude, les grandes banques américaines donneront le coup d’envoi de la saison, à partie de mercredi.
« L’enjeu pour les investisseurs sera de mesurer l’impact de la progression des coûts (biens intermédiaires, matières premières, etc) sur les comptes et, surtout, les prévisions des sociétés cotées. Il y aura des mauvaises surprises », prévient Saxo Banque.
Plusieurs banques ont par ailleurs revu à la baisse ces tout derniers jours leurs prévisions de croissance pour les Etats-Unis. Goldman Sachs a ainsi ramené les siennes pour 2021 à 5,6% et pour 2022 à 4% en soulignant la diminution des soutiens budgétaires et la reprise plus lente que prévu de la consommation des ménages.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a terminé en baisse vendredi, le chiffre inférieur aux attentes des créations d’emplois n’ayant pas suffi à convaincre les investisseurs que la Réserve fédérale pourrait retarder le ralentissement de son programme de rachat de dette publique, toujours attendu en novembre.
L’indice Dow Jones a cédé 8,69 points, soit 0,03%, à 34.746,25, Le Standard & Poor’s 500, plus large, a perdu 8,42 points (-0,19%), à 4.391,34 et le Nasdaq Composite a reculé de 74,48 points (-0,51%) à 14.579,54.
Sur l’ensemble de la semaine, le S&P 500 a gagné 0,8%, le Dow Jones 1,2% et le Nasdaq Composite 0,1%.
Les contrats à terme sur les principaux indices préfigurent pour l’instant une ouverture en légère baisse.
EN ASIE
À la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a fini la journée sur un gain de 1,6%, la baisse du nombre de cas de COVID-19 au Japon ayant soutenu la tendance tandis que la baisse du yen face au dollar favorisait les valeurs tournées vers l’export, comme Nissan (+5,32%) ou Panasonic (+6,67%).
En Chine, le SSE Composite de Shanghai prend 0,19% et le CSI 300 0,46% et à Hong Kong, le Hang Seng progresse de 1,92%, les grands groupes de hautes technologies comme Alibaba (+6,69%) profitant de l’amende moins lourde qu’anticipé infligée par Pékin au géant de la livraison de repas Meituan (+7,97%) pour abus de position dominante.
CHANGES/TAUX
Le dollar, qui profite une nouvelle fois des anticipations de resserrement de la politique de la Fed, a atteint son plus haut niveau depuis fin 2018 face au yen (+0,38%).
L’euro est en très légère hausse face au billet vert à 1,158.
Le yuan, lui, profite des discussions des derniers jours entre la Chine et les Etats-Unis, qui alimentent l’espoir d’un apaisement des tensions commerciales entre les deux pays.
Côté emprunts d’Etat, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s’affiche à 1,6118%, au plus haut depuis début juin, après un bond de 15 points de base en une semaine. Les marchés obligataires américains resteront fermés ce lundi pour le Columbus Day.
En Europe, le dix ans allemand prenait près de deux points dans les tout premiers échanges à -0,131%, au plus haut depuis le 24 mai.
PÉTROLE
Les cours du pétrole continuent de monter avec les craintes de voir la reprise de la demande liée à la sortie progressive de la pandémie créer des tensions faute d’une augmentation suffisante de la production.
Le Brent gagne 1,31% à 83,47 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,65% à 80,66 dollars.
Ils ont gagné respectivement près de 4% et 4,6% sur l’ensemble de la semaine dernière.
(Édité par Blandine Hénault)
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