Grande-Bretagne: Pas de référendum pour l’Ecosse sans feu vert de Londres
par Michael Holden et Andrew MacAskill
LONDRES (Reuters) – L’Ecosse ne pourra pas organiser de référendum sur son indépendance sans l’accord du Parlement britannique, a considéré mercredi la Cour suprême du Royaume-Uni, infligeant un revers aux nationalistes de la province britannique qui espéraient la tenue d’un nouveau vote l’année prochaine.
« Le Parlement écossais n’a pas le pouvoir de légiférer pour organiser un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse », a déclaré Robert Reed, le président de la Cour suprême britannique.
La décision de la plus haute juridiction du Royaume-Uni a été prise à l’unanimité des cinq juges.
Les Ecossais s’étaient prononcés à 55% contre l’indépendance lors du référendum d’autodétermination de septembre 2014 mais les partisans d’une sortie du Royaume-Uni ont fait valoir que le Brexit, auquel la majorité des électeurs écossais se sont opposés, a considérablement changé la donne.
« Une loi qui ne permet pas à l’Ecosse de choisir son propre avenir sans le consentement de Westminster expose comme un mythe toute notion de partenariat volontaire avec le Royaume-Uni et plaide en faveur de l’indépendance », a déclaré sur Twitter la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon.
« La décision d’aujourd’hui entrave un chemin pour que la voix de l’Ecosse soit entendue sur l’indépendance – mais dans une démocratie, notre voix ne peut pas être et ne sera pas réduite au silence », a-t-elle ajouté.
La cheffe de file du Parti national écossais, favorable à l’indépendance, avait fait part en début d’année de sa volonté d’organiser un nouveau scrutin consultatif le 19 octobre 2023 à condition que celui-ci soit légal et reconnu au niveau international.
Nicola Sturgeon avait annoncé auparavant qu’une défaite devant la Cour suprême aurait pour conséquence que son parti ferait uniquement campagne sur l’indépendance de l’Ecosse lors des prochaines législatives prévues en 2024, faisant du scrutin national un référendum « de facto ».
(Michael Holden, Laetitia Volga pour la version française, édité par Nicolas Delame et Blandine Hénault)
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