France: Un ressortissant algérien tué par un policier à Rouen après une tentative d’incendie de la synagogue
PARIS (Reuters) – Un ressortissant algérien armé, visé en France par un arrêté de reconduite à la frontière (OQTF), a été abattu vendredi matin par un policier à Rouen (Seine-Maritime), « sans doute après avoir mis le feu » dans la synagogue de la ville, a déclaré le ministre de l’Intérieur.
Gérald Darmanin, qui s’est rendu sur place, a dénoncé « un acte antisémite qui s’en prend à un lieu sacré pour la République ».
L’homme, tué de quatre balles par un policier adjoint de 25 ans qu’il avait menacé avec un couteau de cuisine, était « particulièrement dangereux, particulièrement violent », a dit le ministre à des journalistes.
L’identité de l’assaillant, un étranger en situation irrégulière sur lequel seule une carte de transports du réseau rouennais avait été trouvée, a été établie par les enquêteurs.
« Cette personne, dans sa vie administrative, est un citoyen qui n’est pas français, il est d’origine algérienne », a précisé Gérald Darmanin.
Ni fiché « S », ni connu des services de renseignement français, il avait déposé en 2022 une demande de titre de séjour étranger malade auprès de la préfecture de Seine-Maritime.
Cette carte de séjour temporaire est délivrée à tout étranger résidant habituellement en France dont l’état de santé « nécessite une prise en charge médicale sans laquelle (celui-ci) deviendrait critique. »
Sa demande a été refusée après consultation d’un médecin. L’homme a alors formé un recours qui a été invalidé en janvier dernier par la justice française, a expliqué le ministre de l’Intérieur.
Inscrit au fichier des personnes recherchées, il était dans le viseur de la police « depuis quelques semaines ».
Pompiers et policiers avaient été appelés « peu avant 07h00 » pour un incendie dans la synagogue, avait auparavant relaté le procureur de Rouen, Frédéric Teillet, lors d’un point de presse.
Ils ont découvert à leur arrivée un homme armé d’un couteau de cuisine et d’une barre de fer (un « burin de perforateur ») sur le toit de la synagogue, a-t-il précisé.
De la fumée s’échappait « des fenêtres de la synagogue ».
L’homme a ensuite jeté sa barre de fer en direction des policiers et pompiers en les invectivant et sauté du toit avant de courir vers le policier adjoint en le menaçant de son couteau.
Le fonctionnaire – qui sera décoré, a annoncé Gérald Darmanin – a fait usage de son arme après des « sommations restées sans effet », tirant à cinq reprises.
Les images de vidéosurveillance établissent selon le procureur que le policier a agi « dans les conditions permises par le Code de sécurité intérieure ».
Le parquet national antiterroriste a été informé mais les investigations n’entrent pas à ce stade dans son périmètre.
Deux enquêtes ont été ouvertes. L’une pour « incendie volontaire en raison de la religion, violences volontaires avec arme sur dépositaire de l’autorité publique et sur personne chargée d’une mission de service public ». Une autre procédure est confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur les circonstances du décès du suspect.
Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a dit à des journalistes que l’homme avait jeté un cocktail Molotov dans la synagogue. Il a appelé à un rassemblement de soutien à la communauté israélite à 18h00 devant la mairie de Rouen.
Un rassemblement sera organisé à la même heure à Paris, place de la République.
Des représentants de la communauté juive de France se sont émus d’une nouvelle agression à son encontre.
Elie Korchia, président du Consistoire central de France, a déclaré sur X qu' »un nouveau drame antisémite » avait été évité, dans un contexte tendu lié au conflit entre Israël et le Hamas dans l’enclave palestinienne de Gaza.
Lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le 6 mai dernier, le Premier ministre Gabriel Attal avait fait état d' »une hausse de 300% » des actes antisémites en France au premier trimestre (366 faits), par rapport aux trois premiers mois de 2023.
(Rédigé par Zhifan Liu et Sophie Louet avec Dominique Vidalon, édité par Kate Entringer et Bertrand Boucey)
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