Emmanuel Macron à Bobigny promet d’intensifier les « actions concrètes » contre l’islam radical
Emmanuel Macron, qui s’est rendu mardi à Bobigny pour présider une séance de travail de la cellule de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire, a promis d’intensifier les « actions concrètes » contre les partisans d’un islam radical après l’assassinat du professeur d’histoire Samuel Paty.
« Il ne s’agit pas de faire de nouvelles déclarations (…) ce sont des actes qui sont attendus par nos concitoyens », a dit le chef de l’Etat lors d’une brève intervention devant le bâtiment de la préfecture de la Seine-Saint-Denis.
« Ces actes s’intensifieront », a-t-il poursuivi, évoquant les « actions concrètes » lancées ces derniers jours contre des associations et des individus qui, a-t-il dit, « portent un projet islamiste radical c’est-à-dire une idéologie de destruction de la République ».
« Les mots nous les avons eus; le mal, nous l’avons nommé; la stratégie, je l’ai expliquée, déployée aux Mureaux (ndlr, où il a présenté le 2 octobre un plan visant à lutter contre « l’islamisme radical ») mais nos concitoyens aujourd’hui doivent être protégés, nos concitoyens dont la religion est l’islam doivent être protégés dans notre pays contre ce mal qu’est l’islam radical », a poursuivi Emmanuel Macron.
Le chef de l’Etat, dont la visite à la préfecture de Seine-Saint-Denis avait débuté vers 16h00, avait qualifié dès vendredi soir d' »attentat terroriste islamiste caractérisé » le meurtre de Samuel Paty, décapité par un réfugié d’origine tchétchène près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine quelques jours après avoir montré en classe des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression.
A la suite de cette attaque, qui a suscité une vive émotion à travers toute la France, le gouvernement a promis un combat « sans faille » contre l’islamisme radical.
« MENACE PERMANENTE »
« L’ennemi, c’est l’islamisme radical, c’est une menace permanente, une menace qui peut venir de l’extérieur, mais qui peut aussi, je le dis sans détour, recruter ces tueurs parmi nos propres compatriotes », a déclaré Jean Castex mardi devant l’Assemblée nationale, précisant que 32 attentats avaient été déjoués depuis mai 2017.
« L’islam radical s’est infiltré au sein même de notre société de tolérance », a-t-il poursuivi. « Cet intégrisme criminel est porté par des hommes qui sous couvert de religion détournent la liberté de culte, il se cache derrière des associations qui manipulent les consciences, il utilise des réseaux sociaux qui aveuglent et qui cloisonnent notre société pour mieux attiser la haine », a-t-il ajouté.
Le gouvernement compte ainsi ordonner l’expulsion de 231 personnes fichées pour radicalisation, a-t-on appris dimanche de source policière, dont 180 sont actuellement en prison.
La police a par ailleurs déjà mené lundi une trentaine d’opérations contre des individus soupçonnés d’islamisme radical, « pas forcément en lien avec l’enquête » sur le meurtre de Samuel Paty, a dit Gérald Darmanin.
Ce dernier a réclamé la dissolution de plusieurs associations, comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et l’organisation BarakaCity, qui se présente comme une ONG humanitaire islamique.
Le ministre de l’Intérieur, qui qualifie de « fatwa » la campagne menée sur les réseaux sociaux contre Samuel Paty avant son meurtre, a aussi demandé la fermeture d’une mosquée de Pantin dont l’imam a relayé le message visant le professeur d’histoire et donnant l’adresse du collège du Bois d’Aulne, à Conflans.
Jean Castex a précisé de son côté que l’exécutif entendait « prononcer la dissolution de toutes les associations dont la complicité avec l’islamisme radical peut être établie ».
Emmanuel Macron a annoncé pour sa part que le collectif Cheikh Yassine, mouvement créé par l’islamiste franco-marocain Abdelhakim Sefrioui du nom d’un des fondateurs du Hamas palestinien et qui, a dit le chef de l’Etat, est « directement impliqué dans l’attentat », serait dissous dès mercredi en conseil des ministres.
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