Conférence test Pakistan-Onu sur l’impact du changement climatique
par Emma Farge et Gabrielle Tétrault-Farber
GENEVE – Le Pakistan et les Nations unis organisent lundi à Genève une conférence majeure destinée à organiser le soutien à la reconstruction du pays après les inondations dévastratrices qui l’ont frappé, considérée comme un test majeur pour la prise en charge financière des désastres provoqués par le changement climatique.
Des pluies de mousson record et la fonte des glaciers ont provoqué l’exode de quelque huit millions de personnes en septembre dernier et fait 1.700 victimes.
L’eau s’est maintenant pour l’essentiel retirée, mais le travail de reconstruction, estimé autour de 16,3 milliards de dollars – des logements par millions, plusieurs milliers de kilomètres de routes et de voies ferrées – ne fait que commencer. S’il tarde trop, des millions d’habitants supplémentaires sont menacés de pauvreté.
Islamabad, dont la délégation est menée par le Premier ministre Shehbaz Sharif, présentera un « cadre » de reconstruction à la conférence, où le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres doit aussi prendre la parole, tout comme le président français Emmanuel Macron par visioconférence.
Antonio Guterres, qui s’est rendu en septembre au Pakistan, a décrit les dégâts observés dans le pays de « carnage climatique ».
« C’est un moment pivot pour la communauté mondiale, pour qu’elle soit aux côtés du Pakistan et qu’elle s’engage en faveur d’une reconstruction durable et pour tous après ces inondations dévastratrices », a déclaré de son côté Knut Ostby, représentant au Pakistan du Programme de développement de l’Onu.
« La conférence internationale du lundi 9 janvier 2023, qui réunira plus de 40 pays, contribuera (…) à la réhabilitation et à la reconstruction des zones touchées par les inondations, et à accélérer la transition du pays vers les énergies renouvelables », a déclaré pour sa part l’Elysée dans un communiqué.
Les délégations présentes à la 27e édition de la conférence annuelle des Nations unies sur le climat, la COP27, ont trouvé fin novembre un accord prévoyant la création d’un fonds d’aide aux pays les plus touchés par les impacts du changement climatique.
On ignore cependant si le Pakistan, dont l’économie pèse 350 milliards de dollars, pourra prétendre à ce fonds d’aide.
(Avec Gibran Peshimam à Islamabad et Valerie Volcovici à Washington, Gilles Guillaume pour la version française)
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