Worldline plonge après une enquête journalistique sur des transactions douteuses
(Reuters) – Le spécialiste des paiements Worldline plonge mercredi à la Bourse de Paris après la publication d’une enquête journalistique internationale sur ses activités auprès des acteurs à haut risque (HBR) du commerce en ligne, tels que les casinos, les plateformes de courtage ou les services de rencontres pour adultes.
A 10h00 GMT, l’action du groupe français perd 23,4% à 3,5 euros et se dirige vers sa pire journée sur les marchés depuis octobre 2023.
L’enquête journalistique « Dirty Payments », coordonnée par le réseau European Investigative Collaborations (EIC) et publiée mercredi par des médias tels que Mediapart en France et Le Soir en Belgique, pointe du doigt le groupe français pour des transactions douteuses d’une valeur de plusieurs milliards d’euros pour le compte de clients « à risque » liés à la pornographie ou aux jeux d’argent.
L’enquête est basée sur des documents et des données internes confidentielles, selon les médias du réseau EIC.
« Tous les clients HBR encore actifs dans ce portefeuille font désormais l’objet d’une surveillance renforcée, basée sur des procédures spécifiques », a déclaré le groupe dans un communiqué publiée mercredi peu avant l’ouverture de la Bourse.
« Des exigences supplémentaires en matière de contrôles, de vérifications et de documentation ont été introduites afin de garantir une conformité continue aux obligations réglementaires et à nos standards internes renforcés », ajoute le communiqué.
Worldline dit par ailleurs avoir renforcé depuis 2023 son cadre de gestion des risques liés aux commerçants afin d’en assurer « la totale conformité aux lois et réglementations » et avoir mené « une revue approfondie » de son portefeuille HBR et résilié les relations commerciales identifiées comme non conformes à ce cadre renforcé.
Ces décisions ont concerné des commerçants représentant environ 130 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, précise le groupe.
Le portefeuille HBR représente actuellement environ 1,5% de ses volumes acquis, selon Worldline, qui dit également maintenir une politique de « tolérance zéro » en cas de non-conformité et collaborer régulièrement avec les autorités de régulation.
Worldline n’a pas répondu pour l’instant à une demande de commentaire de Reuters.
(Rédigé par Diana Mandiá, avec la contribution de Gianluca Lo Nostro, édité par Augustin Turpin)
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