Wall Street devrait consolider, la géopolitique soutient encore l’Europe
par Claude Chendjou
PARIS, 16 juin (Reuters) – Wall Street est attendue quasiment stable mardi au lendemain d’un rallye lié au protocole d’accord de paix trouvé entre les Etats-Unis et l’Iran, tandis que les Bourses européennes, à mi-parcours, continuent de profiter de l’apaisement des tensions géopolitiques et d’un nouveau reflux des cours pétroliers. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,07% pour le Dow Jones au lendemain de son record, une progression de 0,06% pour le Standard & Poor’s 500 et une avancée de 0,24% pour le Nasdaq.
Les marchés boursiers américains, qui ont pris jusqu’à 3% lundi, reprennent leur souffle avant la publication à 12h30 GMT d’un indicateur d’inflation aux Etats-Unis. La Réserve fédérale américaine (Fed) doit en outre rendre sa décision de politique monétaire mercredi, après deux jours de débats.
Cette réunion marquera les débuts de Kevin Warsh à la tête de l’institution et ses propos sur l’inflation, le chômage et les perspectives économiques sont particulièrement attendus.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,73% à 8.445,33 points vers 11h50 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,42% et à Londres, le FTSE prend 0,54%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 0,39% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,75%. Le Stoxx 600, qui a inscrit lundi un record en clôture, avance de 0,39%, tiré essentiellement par les compartiments des biens et services industriels (+1,28%), des banques (+1,67%) et de la défense (+1,90%). Ces secteurs sont ceux qui devraient mieux se porter en période de stabilité économique.
Citigroup estime dans une note publiée mardi que plusieurs secteurs restent encore en deçà de leurs niveaux d’avant le conflit au Moyen-Orient, ce qui laisse entrevoir une seconde phase de reprise plus importante, caractérisée par une rotation sectorielle accrue et un élargissement du marché.
Sur le plan géopolitique, le président américain Donald Trump a déclaré que le protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis avait été signé par les deux parties et il a promis la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz, tout en assurant que Téhéran n’aurait jamais l’arme atomique.
Un nouveau cycle de négociations entre l’Iran et les Etats-Unis débutera vendredi à Genève en vue de conclure un accord de paix définitif entre les deux pays, selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.
Cette perspective fait de nouveau reculer les cours du pétrole, ce qui alimente l’optimisme sur les marchés actions et obligataires en Europe, particulièrement dépendante des importations d’hydrocarbures. Cela atténue également les inquiétudes sur l’inflation qui avaient nourri les anticipations d’un resserrement monétaire de la part de la Banque centrale européenne (BCE).
« L’Europe deviendra très attractive car la baisse des taux d’intérêt et des prix du pétrole ne fera qu’accroître la rentabilité de ses entreprises », souligne Kathleen Brooks, directrice d’études chez le courtier XTB.
Concernant le conflit en Ukraine, à Evian (Haute-Savoie), les pays du G7 ont apporté leur soutien à l’Ukraine en présence du président Volodimir Zelensky et espèrent convaincre Donald Trump de l’importance d’aider l’Ukraine à résister aux troupes russes.
Par ailleurs, le Parlement européen a approuvé l’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, qui prévoit notamment la réduction de droits de douane sur de nombreux produits américains, dans le but d’éviter une nouvelle guerre tarifaire, ce qui lève les incertitudes en la matière.
Côté indicateurs du jour, le moral des investisseurs allemands mesuré l’institut d’études économiques ZEW, s’est amélioré de manière inattendue en juin, repassant en territoire positif, à 10,5 après -10,2 en mai et un consensus à -6,0.
Mais l’institut économique allemand RWI estime que la crise énergétique devrait freiner la reprise économique dans la première puissance d’Europe.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
SpaceX est indiqué en hausse de plus de 10% avant l’ouverture, ce qui serait sa troisième séance consécutive de gains depuis son IPO de vendredi, lui permettant ainsi de ravir à Amazon la cinquième place dans les entreprises les mieux valorisées en Bourse au monde, avec une capitalisation de près de 2.800 milliards de dollars.
VALEURS EN EUROPE
STMicroelectronics recule de 2,55% après l’annonce d’une émission obligataire d’une valeur de 1,5 milliard de dollars.
JCDecaux grimpe de 5,59%, Moody’s Ratings ayant relevé sa perspective de stable à positive sur la valeur, notant que « la rentabilité continue de se renforcer ».
Aperam cède 2,81% en réaction à un abaissement de recommandation de la part de Morgan Stanley.
UniCredit bondit de 4,34%, l’Allemagne ayant officiellement rejeté l’offre de la banque italienne sur Commerzbank (+0,91%), citant un prix trop bas et des inquiétudes quant à une « approche agressive ».
Puma monte de 2,5% après que HSBC a relevé sa recommandation sur l’équipementier sportif allemand de « conserver » à « acheter », évoquant un potentiel de croissance important.
Rathbones chute de 17%, tombant à un creux d’un an, après que le gestionnaire de patrimoine a annoncé qu’il suspendrait l’intégration de nouveaux clients pendant 12 mois.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en repli, à nouveau à un plus bas depuis trois mois, alors que les investisseurs évaluent les perspectives d’une reprise des approvisionnements via le détroit d’Ormuz, parallèlement à une demande physique plus faible, ainsi que l’absence de détails sur le protocole d’accord de paix irano-américain.
Le Brent reflue de 2,57% à 81,03 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 2,89% à 78,42 dollars.
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro reculent pour la quatrième séance consécutive, tombant à des niveaux historiquement bas depuis plusieurs semaines, suite à l’accord préliminaire entre les Etats-Unis et l’Iran visant à mettre fin à leur guerre et à rouvrir le détroit d’Ormuz.
Le rendement du Bund allemand à dix ans cède 2,5 points de base, à 2,926% après avoir touché en séance 2,925%, son niveau le plus bas depuis le 8 avril. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans perd 2,7 points de base, à 4,4414%, avant la publication de l’indicateur des prix à l’importation pour le mois de mai aux Etats-Unis.
CHANGES
Le dollar est stable (-0,05%) face à un panier de devises internationales, mais reste près de ses plus bas niveaux en 10 jours, victime de l’appétit pour le risque au regard de la détente au niveau géopolitique.
Le yen oscille près du niveau très surveillé de 160 pour un dollar après que la Banque du Japon (BoJ) a relevé ses taux directeurs, comme prévu, dans le but de maîtriser les risques inflationnistes liés au conflit au Moyen-Orient.
L’euro fait du surplace (+0,06%), à 1,1597 dollar, et la livre sterling s’échange à 1,3412 dollar (-0,03%).
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L’AGENDA DU MARDI 16 JUIN :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Prix à l’importation mai
– sur un mois +1,0% +1,9%
– sur un an n.d. +4,2%
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)
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