Volkswagen: Heurts entre la direction et les salariés alors que le conflit social s’aggrave
FRANCFORT (Reuters) – Le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, et des représentants syndicaux se sont affrontés mercredi autour des questions de fermetures d’usines et de réduction des salaires lors d’une réunion à Wolfsburg, réunissant les 20.000 employés de la principale usine du groupe.
Le ministre allemand du Travail, Hubertus Heil, a également assisté à la réunion, une semaine avant le quatrième cycle de négociations entre la direction de Volkswagen et les syndicats, prévu pour le 9 décembre.
En difficulté, le constructeur automobile allemand avait réclamé le mois dernier une baisse des salaires ainsi que la fermeture de certains sites en Allemagne pour défendre ses parts de marché, entre autres face à la faible demande ou à la concurrence chinoise.
En réponse, des manifestations de quelques heures ont eu lieu lundi dans neuf usines suite à l’appel des syndicats, menaçant de débrayages plus importants si leurs revendications ne sont pas entendues.
« La situation actuelle est grave. De nouveaux concurrents entrent sur le marché avec une force sans précédent. La pression sur les prix est immense », a déclaré Oliver Blume, président du directoire de Volkswagen.
Il estime que le constructeur automobile doit se remettre en selle en Chine, le plus grand marché du groupe, et que les coûts de la main-d’œuvre en Allemagne sont trop élevés pour être compétitifs.
« Nous devons donc prendre d’urgence des mesures pour assurer l’avenir de Volkswagen. Nos projets en la matière sont sur la table », a-t-il déclaré.
Daniela Cavallo, qui dirige le comité d’entreprise de Volkswagen, a critiqué à plusieurs reprises le président du directoire et a déclaré que toutes les parties impliquées dans les négociations, y compris la direction et les actionnaires, devaient faire des sacrifices.
« Cela signifiera des compromis, mais aussi des concessions. Des choses que vous n’aimez pas et qui vous blessent parfois d’une manière ou d’une autre. Mais cela doit s’appliquer à toutes les parties. Sinon, il ne s’agit pas d’un compromis », a-t-elle dit.
Elle ajoute que les syndicats restaient déterminés pour parvenir à un accord avant Noël.
(Reportage Christoph Steitz, version française Etienne Breban, édité par Augustin Turpin)
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