UniCredit s’interroge sur les conditions imposées par Rome à son offre sur Banco BPM
MILAN (Reuters) – UniCredit a déclaré mardi ne pas être en mesure de prendre une décision définitive concernant son offre sur Banco BPM après que le gouvernement italien l’a validée sous certaines conditions, la banque italienne attendant des clarifications.
En réaction, le titre Banco BPM perdait 2,24% vers 09h24 GMT alors que la Bourse de Milan abandonnait 0,47% au même moment.
L’Italie a validé vendredi le rachat de Banco BPM par UniCredit pour 14 milliards d’euros sous réserve du respect de certaines conditions.
Le gouvernement a donné à UniCredit neuf mois pour cesser ses activités en Russie, a déclaré à Reuters une personne ayant connaissance des conditions. Il a également demandé à la banque de ne pas réduire pendant cinq ans le ratio prêts/dépôts, qui est actuellement plus élevé pour Banco BPM que pour UniCredit. UniCredit doit également éviter de réduire les investissements en titres italiens d’Anima Holding, un gestionnaire de fonds que Banco BPM a récemment acquis, et soutenir la croissance d’Anima.
« Les prescriptions imposées à UniCredit pourraient nuire à sa pleine liberté et à sa capacité de prendre des décisions saines et prudentes à l’avenir, et même conduire à des résultats inattendus » tels que des amendes, a déclaré UniCredit dans un communiqué mardi.
Le décret du gouvernement, qu’UniCredit a reçu vendredi, inclut la possibilité pour la banque « de signaler immédiatement à l’autorité (compétente) s’il n’est pas possible de mettre en œuvre – en tout ou en partie – les prescriptions », a déclaré la deuxième plus grande banque d’Italie.
« UniCredit a rapidement répondu aux autorités pour leur faire part de son point de vue sur le décret et attend un retour d’information. D’ici là, UniCredit n’est pas en mesure de prendre une décision définitive sur la suite à donner à son offre sur Banco BPM », a ajouté la banque.
L’opération d’UniCredit sur BPM est l’une des nombreuses offres publiques d’achat hostiles qui secouent le secteur bancaire italien alors que Rome a récemment autorisé sans condition l’offre de Monte dei Paschi sur Mediobanca et l’offre de BPER sur Popolare di Sondrio.
(Rédigé par Valentina Za, version française Bertrand De Meyer, édité par Blandine Hénault et Augustin Turpin)
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