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UE : Les Vingt-sept divisés sur les droits de douane imposés aux véhicules électriques chinois

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BRUXELLES (Reuters) – Les pays membres de l’Union européenne (UE) peinent à montrer un front uni sur le soutien à l’imposition de droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques chinois, ce qui souligne la difficulté pour Bruxelles d’obtenir un feu vert pour cette mesure, alors que Pékin menace de représailles commerciales.

La Commission européenne a annoncé en juin qu’elle imposerait à titre provisoire des droits de douane supplémentaires sur les importations de véhicules électriques chinois, une décision qui a suscité l’ire de la Chine.

L’Allemagne, dont les constructeurs automobiles ont réalisé un tiers de leurs ventes en Chine en 2023, souhaite mettre fin à cette mesure, selon une source gouvernementale, tandis que la France a été l’un de ses plus fervents défenseurs.

Selon un sondage informel réalisé par Reuters auprès des gouvernements de l’UE, la plupart des pays continue de peser le pour et le contre d’une escalade commerciale.

La question sera soumise aux Vingt-sept lors d’un vote consultatif dans les semaines à venir, ce qui constituera le premier test officiel du soutien des États membres à l’instauration de droits de douane supplémentaires.

Jeudi, le bloc devrait confirmer des droits de douanes temporaires allant jusqu’à 37,6% sur les voitures électriques des marques chinoises telles que BYD, Geely et SAIC, ainsi que sur les modèles fabriqués en Chine de Tesla, BMW et d’autres constructeurs occidentaux.

Les Vingt-sept voteront également en octobre sur la question de savoir si la Commission doit proposer des droits de douane pluriannuels à la fin de son enquête anti-subventions. Cette proposition serait bloquée si une « majorité qualifiée » d’au moins 15 pays représentant 65% de la population de l’UE votait contre.

La France, l’Italie et l’Espagne, qui représentent 40% de la population de l’UE, ont indiqué qu’elles soutiendraient la mesure.

La République tchèque, la Grèce, l’Irlande et la Pologne débattent encore de la question, selon des sources officielles et gouvernementales, tandis que la Belgique dispose d’un gouvernement d’affaires courantes et que les Pays-Bas n’ont investi un nouveau cabinet que cette semaine.

EFFETS NÉGATIFS

L’Allemagne estime qu’une solution négociée avec Pékin est nécessaire, car les constructeurs automobiles de la première économie de la zone euro ont fait valoir que les droits de douane n’étaient pas la bonne approche et que les effets négatifs l’emportaient sur les avantages.

Les opposants à la mesure affirment notamment que l’augmentation du coût des voitures compromet l’objectif de l’UE d’être neutre en carbone d’ici 2050.

Les représailles de Pékin pourraient également se traduire par des droits de douane supplémentaires sur les exportations européennes de cognac, de porc ou de voitures de luxe.

Le ministère chinois du Commerce a annoncé le mois dernier l’ouverture d’une enquête antidumping sur les importations de viande de porc et de ses sous-produits en provenance de l’UE, marquant une nouvelle aggravation des tensions commerciales entre Pékin et Bruxelles.

La Commission affirme toutefois que les droits de douane sont nécessaires pour instaurer des conditions de concurrence équitables.

(Reportage Philip Blenkinsop et Nick Carey ; avec la contribution de Leigh Thomas, Jan Lopatka, Belen Carreno, Sarah Marsh et Renee Maltezou ; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

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