Suisse: Départ surprise du patron de la BNS, le franc recule
par John Revill et Dave Graham
ZURICH (Reuters) – Le président de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan, à la tête de l’institution depuis plus de 12 ans, se retirera à la fin du mois de septembre, a annoncé vendredi la banque centrale helvétique.
Sur le marché des changes, le franc suisse recule de 0,25% à 0,958 face à l’euro, à un creux de 13 semaines.
Âgé de 61 ans, Thomas Jordan dirige la banque centrale suisse depuis janvier 2012 et son mandat a été marqué par une série de crises et une lutte quasi constante contre l’appréciation du franc suisse.
« Après avoir relevé les différents défis de ces dernières années, le moment est venu pour moi de me retirer », a-t-il dit, cité dans un communiqué.
Thomas Jordan a rejoint la BNS en 1997 et est devenu en mai 2007 membre du conseil des gouverneurs, en charge de la fixation des taux directeurs.
Il a pris la présidence de l’institution après que son prédécesseur, Philipp Hildebrand, a été contraint de démissionner à la suite d’un scandale impliquant son épouse dans un dossier sur des transactions en euros et en dollars.
« Il a fait un excellent travail et sera très difficile à remplacer », a déclaré Karsten Junius, économiste chez J.Safra Sarasin. « Mais la fin de son ère est peut-être aussi une chance d’élargir le processus décisionnel à la BNS », a-t-il ajouté.
Thomas Jordan a été critiqué pour avoir réagi tardivement à la crise de Credit Suisse, racheté par UBS, et pour avoir eu une influence trop importante sur les décisions de la BNS.
Dans un communiqué, la BNS a dit regretter la décision surprise de Thomas Jordan.
« Le conseil de banque et la direction générale regrettent vivement la décision de Thomas Jordan et le remercient sincèrement pour son engagement exceptionnel pendant de nombreuses années », écrit la BNS.
(Reportage Dave Graham et John Revill; version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
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