Mégafusion bancaire aux Etats-Unis entre Capital One et Discover Financial
par Anirban Sen et Michelle Price
NEW YORK/WASHINGTON (Reuters) – La banque américaine Capital One a annoncé tard lundi un projet de rachat de la société de cartes de crédit Discover Financial Services dans le cadre d’une transaction entièrement en actions évaluée à 35,3 milliards de dollars.
L’opération devrait faire l’objet d’un examen approfondi des autorités de la concurrence car elle donnerait naissance à la sixième banque américaine en termes d’actifs et à un géant américain des cartes de crédit qui concurrencerait ses rivaux JPMorgan Chase et Citigroup.
Discover dispose d’un réseau qui s’étend sur 200 pays et territoires mais la société reste beaucoup plus petite que ses rivales Visa, Mastercard et American Express.
« Cette acquisition apporte de la taille et des investissements, permettant au réseau Discover d’être plus compétitif par rapport aux plus grands réseaux de paiement », ont déclaré Capital One et Discover dans un communiqué.
Dans le détail, les actionnaires de Discover recevront 1,0192 action Capital One pour chaque action Discover, ce qui représente une prime de 26,6% par rapport au cours de clôture de Discover vendredi.
A Wall Street, l’action Capital One grimpait de 4,6% dans les transactions en avant-Bourse et celle de Discover de 14,5%.
Si l’opération est finalisée, les actionnaires de Capital One détiendront 60% de la société issue de la fusion et ceux de Discover les 40% restants.
Selon Capital One, qui compte l’investisseur Warren Buffet et sa société Berkshire Hathaway parmi ses actionnaires, la fusion devrait être approuvée par les régulateurs fin 2024 ou début 2025.
L’opération intervient toutefois à un moment délicat pour les fusions bancaires aux Etats-Unis depuis un décret de 2021 de l’administration Biden visant à promouvoir la concurrence dans l’économie américaine.
(Reportage Anirban Sen et Michelle Price ; avec la contribution de Maria Ponnezhath, Juveria Tabassum, Chris Sanders et Kane Wu ; rédigé par Carolina Mandl ; Blandine Hénault pour la version française, édité par Kate Entringer)
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