L’Opep+ s’accorde sur sa 3e hausse de production depuis le blocage du détroit d’Ormuz
par Alex Lawler, Olesya Astakhova et Ahmad Ghaddar
LONDRES, 3 mai (Reuters) – L’Opep+ a annoncé dimanche un accord pour relever sa production d’environ 188.000 barils par jour (bpj) en juin, ce qui constitue la troisième augmentation mensuelle consécutive du groupe depuis le début de la guerre contre l’Iran déclenché par les Etats-Unis et Israël le 28 février.
Cette légère hausse de la production de sept pays de l’organisation – à savoir l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan, la Russie et Oman – reste largement théorique tant que le conflit entre les États-Unis et l’Iran continuera de perturber l’acheminement du pétrole du Golfe.
La mesure vise à montrer que l’Opep+ est prêt à augmenter l’offre dès que la guerre prendra fin, selon des sources et des analystes. Le groupe poursuit également ses projets d’augmentation de ses objectifs de production malgré le départ des Émirats arabes unis du groupe cette semaine.
« L’Opep+ envoie au marché un message à deux niveaux : continuité malgré la sortie des Émirats arabes unis, et contrôle malgré un impact physique limité », a déclaré Jorge Leon, analyste chez Rystad et ancien responsable de l’organisation.
« Si la production augmente sur le papier, l’impact réel sur l’offre physique reste très limité en raison des contraintes liées au détroit d’Ormuz. Il s’agit moins d’ajouter des barils que de signaler que l’Opep+ garde la main », a-t-il ajouté.
Selon l’accord, le quota de l’Arabie saoudite, premier producteur de l’Opep+, passera à 10,29 millions de barils par jour en juin, un niveau largement supérieur à sa production réelle. Le royaume a ainsi déclaré une production effective de 7,76 millions de bpj en mars.
Avec le départ des Émirats arabes unis, l’Opep+ compte 21 membres, dont l’Iran, mais seules les sept Etats qui ont décidé dimanche d’augmenter leurs quotas – plus les Émirats – ont participé aux décisions mensuelles de production ces dernières années.
LE BLOCAGE D’ORMUZ A FAIT BONDIR LES PRIX
La guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz qui en a résulté ont freiné les exportations des membres de l’Opep+ que sont l’Arabie saoudite, l’Irak et le Koweït, ainsi que celles des Émirats arabes unis. Avant le conflit, ces pays étaient les seuls capables d’augmenter leur production au sein du groupe.
L’augmentation de la production restera largement symbolique tant que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ne sera pas rétabli et, même dans ce cas, il faudra plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour que les flux reviennent à la normale, ont déclaré des dirigeants du secteur pétrolier du Golfe et des négociants mondiaux en pétrole.
Le blocage du détroit a propulsé les prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis quatre ans cette semaine, au-dessus de 125 dollars le baril, alors que les analystes commencent à prévoir une pénurie généralisée de kérosène d’ici un à deux mois et une flambée de l’inflation à l’échelle mondiale.
La production de pétrole brut de l’ensemble des membres de l’Opep+ s’est établie en moyenne à 35,06 millions de bpj en mars, soit une baisse de 7,70 millions de bpj par rapport à février, a indiqué l’Opep dans un rapport publié le mois dernier. L’Irak et l’Arabie saoudite ont procédé aux réductions les plus importantes en raison de contraintes à l’exportation.
Les sept membres de l’Opep+ qui ont décidé dimanche d’augmenter leur production se réuniront à nouveau le 7 juin , précise le communiqué.
(Reportage Alex Lawler, Olesya Astakhova et Ahmad Ghaddar ; rédigé par Dmitry Zhdannikov, version française Benjamin Mallet)
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