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L’Europe finit dans le rouge, pire séance pour le CAC depuis près d’un an

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par Diana Mandia

3 mars (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse mardi, fortement pénalisées par les craintes inflationnistes au vu des perturbations de la production et du transport maritime de pétrole et de gaz dans le Moyen-Orient, qui font flamber les prix de l’énergie.

À Paris, le CAC 40 a perdu 3,46% à 8.103,84 points, enregistrant sa pire séance depuis début avril 2025, après l’annonce par le président américain d’une série de droits de douane supplémentaires contre les principales économies mondiales.

Le Footsie britannique a reculé de 2,75% et le Dax allemand de 3,59%.

L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 3,64%, le FTSEurofirst 300 3,06% et le Stoxx 600 3,18%.

Les actions européennes ont connu une nouvelle ​séance difficile en raison du conflit ‌en Iran , qui s’est rapidement étendu au Liban et à la région du Golfe et perturbe déjà la production ​des entreprises gazières et pétrolières, ainsi que le transport ⁠à travers le détroit d’Ormuz, fermé sous la menace de l’Iran de tirer sur les navires qui oseraient le traverser.

La guerre dans cette région clé ‌pour l’approvisionnement, en particulier de l’Europe et de ‌l’Asie, a pour conséquence immédiate une flambée des prix qui, si elle se prolonge, risquerait de raviver l’inflation générale, que la Banque centrale européenne (BCE) considérait pourtant comme maîtrisée.

Après la forte hausse de la veille, le Brent gagne encore 7,04% à 83,21 dollars le baril mardi et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 7,36% à 76,47 dollars. Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence pour ​l’Europe, également continué d’augmenter (+21%) mardi pour ressortir à 54,2 euros.

« Si le conflit se poursuit pendant quelques semaines, il faut s’attendre à ce que l’inflation rebondisse pour atteindre environ 2% », souligne pour sa part Bert Colijn, économiste chez ING. « Mais si les perturbations importantes de l’approvisionnement énergétique se prolongent, l’impact sera forcément plus important, ce qui signifie que l’incertitude autour des perspectives d’inflation refait surface », prévient-il.

Philip Lane, chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE) a dit dans une interview publiée mardi dans le quotidien Financial Times (FT) qu’une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait entraîner une forte hausse de l’inflation dans la zone euro et freiner la croissance économique, surtout à court terme.

Si la plupart des opérateurs s’attendent encore à un statu quo de la BCE ⁠sur les taux cette année, le scénario d’une politique monétaire plus restrictive, avec une hausse des taux avant fin 2026, est désormais estimé à 40%.

VALEURS

Aucun secteur du Stoxx 600 n’a été épargné mardi par les pertes, des banques (-4,29%) ⁠et des assureurs (-4,26%) au luxe (-3,61%), en passant par l’industrie chimique (-2,84%) et le secteur du voyage (-1,99%).

La défense, qui a connu un bref bond à l’ouverture des marchés, a terminé sur un recul de 2,99%.

A WALL STREET

La Bourse de New York était dans le rouge à l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones reculant de 1,70%, le Standard & Poor’s 500 de 1,56% et le Nasdaq Composite de 1,65%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les données sur l’inflation dans la zone euro, publiées mardi, n’ont par ailleurs pas contribué à rassurer les investisseurs, les prix ayant accéléré le mois dernier pour atteindre 1,9%, alors que les analystes s’attendaient à une hausse de 1,7%.

« Le fait que l’inflation en zone ⁠euro de ‌février remonte nettement constitue une mauvaise surprise au mauvais moment pour la BCE, note Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR Asset Management.

CHANGES

Les tensions ⁠géopolitiques marquent le regain d’intérêt pour le dollar américain, qui retrouve son statut de valeur refuge après avoir été malmené à la suite des droits ​de douane américains l’année dernière.

Le billet ​vert gagne 0,91% face à un panier de devises de référence atteignant son plus haut niveau depuis plusieurs mois face à l’euro, à la livre sterling et au yen.

L’euro perd 0,88% pour s’établir à 1,1584 dollar et enregistre ​sa plus forte baisse en deux jours depuis septembre 2022.

La monnaie européenne, tout comme le yen japonais, est pénalisée par la dépendance de son économies vis-à-vis des importations énergétiques en provenance du Moyen-Orient et par l’incertitude quant à la manière dont la banque centrale pourrait réagir face à la remontée des ‌pressions sur les prix.

TAUX

Les rendements obligataires ont fortement augmenté ​mardi en Europe pour la deuxième séance d’affilée, les opérateurs évaluant l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur l’inflation et, par conséquent, sur la politique monétaire.

Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris ​près de 6 points de base à 2,7667%. Le deux ans a gagné près de 9 pdb à 2,1739%.

Martins Kazaks, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a dit mardi à Reuters que la BCE devrait « rester vigilante » et maintenir ses taux d’intérêt inchangés pour l’instant, citant un impact encore incertain de la guerre en Iran.

Les rendements se sont également envolés au Royaume-Uni, les dernières prévisions économiques du gouvernement britannique, qui s’attend à une croissance et une inflation plus faibles en 2026, n’ayant guère contribué à les apaiser.

La hausse se calme quelque peu aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avançant de 1,1 point de base à 4,0632%, tandis que celui de l’obligation à deux ans prend 2,3 points de base à 3,5102%.

Le président de la Réserve fédérale de New ⁠York, John Williams, a déclaré mardi qu’il était trop tôt pour évaluer l’impact de la guerre en Iran sur l’inflation et la croissance aux États-Unis, tout en ajoutant que l’économie américaine était beaucoup moins dépendante du pétrole importé qu’elle ne l’était auparavant.

MÉTAUX

Les cours de l’or reculent fortement (-4%) à 5.112,99 dollars l’once, pénalisés par une monnaie américaine plus forte et par la perspective ​de moins en moins probable d’une baisse des taux d’intérêt en raison d’une intensification des craintes inflationnistes.

A SUIVRE LE 4 MARS:

(Certaines données ​peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)

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