Le DG de l’IATA avertit d’un retard de l’industrie sur la réduction de l’emprunte carbone
par Tim Hepher et Joanna Plucinska
PARIS/LONDRES (Reuters) – Les efforts visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 partent dans la mauvaise direction, selon le directeur de l’Association du transport aérien international (IATA), qui accuse les compagnies pétrolières et le reste du secteur de l’aviation de traîner les pieds.
En 2021, les compagnies aériennes se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, principalement par le biais d’une transition progressive vers le carburant d’aviation durable (SAF). Cependant, des tensions sont apparues entre les compagnies aériennes et les aéroports, les constructeurs, les régulateurs aériens et les entreprises du secteur de l’énergie.
Willie Walsh, directeur général de l’IATA, le principal organisme professionnel du secteur, a déclaré à Reuters dans un entretien que les dirigeants des compagnies aériennes sont de plus en plus inquiets du fardeau disproportionné que représente cet objectif.
« Nous ne voyons pas les autres jouer leur rôle. En réalité, ils sont en retard et vont dans la mauvaise direction », a-t-il déclaré, ajoutant qu’ils sont « tous engagés, à condition que ce soit nous qui payons la facture. Et c’est tout simplement inacceptable ».
L’ancien patron de British Airways, connu pour son franc-parler, a réitéré ses récents commentaires rapportés par l’hebdomadaire américain Aviation Week, dans lesquels il anticipait une intensification des pressions visant à réévaluer l’objectif.
« Nous allons devoir réévaluer l’engagement en faveur de l’objectif zéro net en 2050, car nous n’obtenons tout simplement pas le soutien dont les compagnies aériennes ont besoin », a-t-il déclaré.
« Ce que je constate aujourd’hui, c’est une inquiétude croissante de la part des directeurs de compagnies aériennes, qui s’inquiètent de la pression croissante exercée sur l’industrie, avec des coûts encore plus élevés que les estimations alarmantes que nous avons reçues », a-t-il ajouté.
Ces propos marquent un net changement de ton, 10 mois seulement après une réunion de l’IATA lors de laquelle Willie Walsh avait décrit l’objectif comme « existentiel et non facultatif » et salué un « consensus fondamental » dans le secteur de l’aviation.
La prochaine épreuve pourrait être la réunion de l’IATA prévue en juin à New Delhi.
« Nous n’avons pas l’intention de réexaminer officiellement (l’objectif) », a-t-il déclaré, « mais je ne serais pas surpris que les compagnies aériennes membres nous exhortent à réexaminer cet engagement, car il a été pris en partant du principe que chacun jouerait son rôle ».
CHACUN DOIT JOUER SON RÔLE
Willie Walsh a également rejeté l’objectif intermédiaire des gouvernements visant à réduire les émissions de 5% d’ici 2030 grâce à l’utilisation de carburants d’aviation durable, les ressources en SAF disponibles ne couvrant que 1% des besoins actuels en carburant.
Willie Walsh a critiqué les entreprises pétrolières, les accusant d’être la « cause du problème » et affirmant qu’elles ont ignoré leurs propres promesses d’approvisionnement en SAF.
« Ils doivent commencer à jouer leur rôle », a-t-il déclaré, ajoutant que les compagnies aériennes dépenseraient 3,8 milliards de dollars (3,52 milliards d’euros) supplémentaires en carburant cette année en raison des exigences gouvernementales et des engagements en matière d’émissions de carbone.
FuelsEurope, qui représente les entreprises d’énergie conventionnelle et renouvelable, n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Les compagnies aériennes prendront également en compte les retards dans les livraisons de nouveaux avions, a déclaré le directeur de l’IATA.
« Il serait stupide de notre part de ne pas signaler ces problèmes et stupide de notre part de croire que nous sommes sur la bonne voie », a-t-il affirmé.
Des groupes représentant l’industrie aérospatiale à Bruxelles et à Washington ont déclaré que les fabricants restent déterminés à fournir de nouveaux avions, mais sont confrontés à des problèmes persistants de chaîne d’approvisionnement.
Willie Walsh a également blâmé les aéroports et les efforts, bloqués depuis 20 ans, en vue de réformer l’espace aérien en Europe.
« Ces gens-là ne peuvent pas essayer de profiter de l’effet de notoriété de ce que font les compagnies aériennes s’ils ne sont pas prêts à s’engager pour soutenir l’industrie », a-t-il remarqué.
ACI Europe, une association qui représente les aéroports, a déclaré que ceux-ci faisaient « plus que leur juste part » dans la décarbonation de l’aviation et a accusé l’IATA de se dérober à ses responsabilités.
CANSO, l’association de coordination du contrôle aérien, n’a pas pu être jointe dans l’immédiat.
Willie Walsh a précisé que les compagnies aériennes n’avaient pas l’intention d’engager un « jeu de reproches », mais que l’ensemble du secteur devait se retrousser les manches afin d’atteindre les objectifs.
« C’est la réalité. Nous soulignons la nature et l’ampleur du défi », a-t-il affirmé.
(Rédigé par Tim Hepher et Joanna Plucinska; version française Pauline Foret; édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Nos deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

