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Grève inédite des dockers aux Etats-Unis, le transport maritime affecté

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par Doyinsola Oladipo et David Shepardson

NEW YORK (Reuters) – Les dockers de la côte Est des Etats-Unis et du Golfe du Mexique ont entamé une grève mardi, la première de cette ampleur en près de 50 ans, interrompant massivement le flux du transport maritime du pays.

Après l’échec des négociations sur les salaires, la grève a provoqué des perturbations dans des dizaines de ports, qui, selon les analystes, coûteront à l’économie des milliards de dollars par jour, menaçant ainsi l’emploi et attisant l’inflation.

Le syndicat International Longshoremen’s Association (ILA), représentant 45.000 travailleurs portuaires, négociait avec le groupe d’employeurs United States Maritime Alliance (USMX) un nouveau contrat de six ans avant la date limite du 30 septembre à minuit.

L’ILA a déclaré dans un communiqué mardi qu’elle avait fermé tous les ports du Maine au Texas à 00h01 heure locale (06h01 heure de Paris) et qu’elle avait rejeté la dernière proposition de l’USMX faite lundi, ajoutant que l’offre était « bien en deçà des demandes de ses membres pour ratifier un nouveau contrat ».

Le chef de file de l’ILA, Harold Daggett, a déclaré que des employeurs du transport maritime, tels que l’opérateur de porte-conteneurs Maersk et sa filiale APM Terminals North America, n’ont pas répondu aux demandes d’arrêt des projets d’automatisation dans les ports et n’ont pas offert d’augmentations salariales appropriées.

« Nous sommes prêts à nous battre aussi longtemps que nécessaire, à rester en grève aussi longtemps qu’il le faudra, pour obtenir les salaires et les protections contre l’automatisation que les membres de l’ILA méritent », a déclaré Harold Daggett mardi.

« L’USMX est maintenant responsable de cette grève. Ils doivent maintenant répondre à nos demandes pour que cette grève prenne fin », a ajouté le chef de file du syndicat.

L’USMX a déclaré lundi dans un communiqué qu’elle avait proposé d’augmenter les salaires de près de 50% par rapport à une proposition antérieure. Contacté par Reuters, le groupe n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

ATTÉNUER L’IMPACT

Cette grève historique, la première de l’ILA depuis 1977, paralyse 36 ports et affecte différents secteurs, de l’alimentaire à l’automobile, inquiètant les entreprises dépendentes du transport maritime.

« Nous nous attendons à ce que la grève dure cinq à sept jours jusqu’à ce que le gouvernement intervienne (…) Mais l’effet d’entraînement devrait se faire sentir sur l’ensemble des réseaux vers l’Europe et l’Asie au moins jusqu’en janvier et février », a déclaré Peter Sand, analyste en chef de la plateforme de tarification du transport maritime Xeneta.

Le géant du commerce de détail Walmart, le plus grand transporteur de conteneurs des États-Unis, et l’opérateur Costco ont affirmé qu’ils faisaient tout ce qui est en leur pouvoir pour atténuer l’impact de la grève.

Dans la région de New York, près de 100.000 conteneurs attendent d’être déchargés, alors que 35 porte-conteneurs se dirigeront vers New York au cours de la semaine prochaine, a déclaré Rick Cotton, directeur exécutif de l’autorité portuaire de New York et du New Jersey.

La gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a quant à elle affirmé que l’État ne s’attendait pas à des répercussions immédiates sur les fournisseurs de denrées alimentaires ou de biens essentiels, mais que la situation pourrait s’aggraver en fonction de la durée de la crise.

« Il est essentiel que l’USMX et l’ILA parviennent rapidement à un accord équitable qui respecte les travailleurs et garantisse la fluidité du commerce dans nos ports », a-t-elle déclaré mardi.

Les grévistes menaçant les exportations de marchandises et les importations cruciales, le chef de cabinet de la Maison Blanche, Jeff Zients, et la principale conseillère économique, Lael Brainard, ont exhorté lundi les membres du conseil d’administration d’USMX de résoudre le conflit de manière équitable et rapide.

Favorable aux travailleurs, l’administration Biden a exclu à plusieurs reprises le recours aux pouvoirs fédéraux pour mettre fin à la grève en cas d’impasse.

La présidente de la Chambre de commerce des États-Unis, Suzanne Clark, a invité lundi le président à reconsidérer sa position, déclarant qu’il serait « inadmissible de laisser un conflit contractuel infliger un tel choc à notre économie ».

La Maison Blanche n’a pas fait de commentaire mardi, mais des fonctionnaires ont déclaré à Reuters, sous couvert d’anonymat, qu’ils espéraient une grève de courte durée. Ils ont souligné le fait que les deux parties avaient repris les négociations dimanche en fin de journée et qu’elles avaient réduit leurs divergences au cours des dernières 24 heures.

(Reportage Doyinsola Oladipo, avec la contribustion de Gursimran Kaur, Nilutpal Timsina, Shivani Tanna et Shubham Kalia à Bengalore, David Shepardson à Washington et Stine Jacobsen à Copenhague ; régidé par Richard Valdmanis et et Miyoung Kim ; version française Etienne Breban, édité par Kate Entringer)

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