Grande-Bretagne: Une intervention sur les marchés n’est pas nécessaire, selon le secrétaire du Trésor
par David Milliken et Muvija M
LONDRES (Reuters) – Les marchés financiers britanniques fonctionnent normalement et une intervention des autorités n’est pas nécessaire, a déclaré jeudi le secrétaire en chef du Trésor britannique, Darren Jones, en dépit de la forte chute de la livre et de l’envolée des rendements souverains outre-Manche.
« Les marchés de Gilts britanniques continuent de fonctionner de manière ordonnée. La demande pour la dette britannique demeure forte », a déclaré Darren Jones devant le Parlement, ajoutant qu’il « n’y (avait) pas besoin d’intervenir en urgence ».
La dette souveraine britannique est sous pression depuis trois jours, les investisseurs s’inquiétant notamment de l’inflation élevée en Grande-Bretagne et de dépenses budgétaires jugées trop importantes. La remontée des rendements a toutefois attiré l’intérêt des investisseurs qui ont absorbé les émissions de dette prévues mardi et mercredi.
Le rendement du Gilt à 30 ans a touché jeudi un record depuis 1998, tandis que le rendement du titre à 10 ans a atteint un plus haut depuis 2008.
Devant les parlementaires, Darren Jones a rappelé l’engagement du gouvernement travailliste à respecter les nouvelles règles visant à équilibrer le budget et à réduire les engagements financiers nets du secteur public d’ici 2029 ou 2030.
La marge de manœuvre dont dispose le gouvernement britannique pour équilibrer son budget est néanmoins contrainte: le bureau de responsabilité budgétaire (OBR) l’estime à 10 milliards de livres, un chiffre qui pourrait diminuer si les taux d’emprunts remontent.
Un porte-parole du ministère des Finances estimait mercredi qu’une telle hypothèse n’était que « pure spéculation ».
L’OBR publiera de nouvelles prévisions budgétaires le 26 mars et le gouvernement achèvera l’examen de ses dépenses en juin.
Matthew Amis, directeur des investissements chez abrdn, estime que les déclarations de Darren Jones n’ont pas apaisé les marchés.
« Le rapport de l’OBR sera publié en mars, et nous sommes début janvier ; que se passera-t-il d’ici là ? Il aurait été préférable de donner davantage d’informations dès maintenant, ne serait-ce que pour rassurer les marchés ».
(Avec Harry Robertson, Sarah Young, Suban Abdulla, Catarina Demony et Sam Tabahriti, version française Corentin Chappron, édité par Kate Entringer)