France : Villeroy de Galhau (BdF) s’inquiète d’un « choc d’incertitude » sur l’économie
PARIS (Reuters) – Le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau, a évoqué jeudi le risque d’un « choc d’incertitude » susceptible de peser sur l’économie française après les élections législatives qui ont conduit à un Parlement sans majorité absolue et à un blocage politique.
« On est en train de sortir [du choc de l’inflation], la victoire contre l’inflation est en vue, on va revenir vers la cible de 2% », a-t-il dit sur franceinfo.
« Là-dessus arrive malheureusement un autre choc qui menace, c’est un choc d’incertitude. Les chefs d’entreprise que nous interrogeons nous disent leurs inquiétudes sur l’attentisme de leurs clients (…), sur le report de leurs investissements et sur le gel de leurs embauches ».
« Ça, je crois que ce serait un choc très négatif pour la croissance et pour l’emploi », prévient-il.
Dans sa note de conjoncture publiée mercredi, la BdF a estimé à 0,1% la progression du produit intérieur brut (PIB) de la France au deuxième trimestre. Elle table sur une croissance de 0,8% sur l’ensemble de l’année.
Interrogé sur la possibilité que la BdF abaisse sa prévision pour 2024, François Villeroy de Galhau a répondu: « nous actualiserons au mois de septembre, on verra. »
« Mais de toutes façons, 0,8% ce n’est pas beaucoup et il faut évidemment faire plus », a-t-il ajouté. Le gouvernement prévoit pour sa part une croissance de 1% en 2024.
Questionné sur les mesures économiques présentées lors de la campagne des élections législatives, comme le relèvement du Smic ou l’abrogation de la réforme des retraites, le gouverneur de la BdF ne s’est pas prononcé mais a appelé à ne pas creuser les déficits.
« Il y a des choix démocratiques possibles. Il faut que nous décidions quelles priorités de dépenses nous retenons », a dit François Villeroy de Galhau. « Si on fait des choix, il ne faut en rien creuser les déficits. »
Sur le risque d’une impasse sur le vote d’un budget pour 2025, le banquier central estime « qu’on n’en est pas là puisque le budget, ça se passe fin septembre ».
« J’espère que d’ici là, pour lever l’incertitude, on aura une clarification politique. »
(Rédigé par Blandine Hénault)
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