Atos dit que sa division de cybersécurité n’est pas à vendre
Atos a déclaré jeudi que sa division BDS de cybersécurité n’était « pas à vendre » après que des sources ont indiqué à Reuters que Thales envisageait une éventuelle offre.
« On est concentré sur notre plan de ‘turnaround’ et on est convaincu du potentiel de retournement considérable du groupe », a dit un porte-parole d’Atos.
Des sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que Thales travaillait à un projet de rachat des activités de cybersécurité d’Atos dont le montant pourrait avoisiner 2,7 milliards d’euros.
En réaction à cette information, Thales a déclaré mercredi être potentiellement intéressé par tout actif de cybersécurité qui serait disponible à la vente et ne pas être engagé dans des discussions avec Atos.
A la Bourse de Paris, l’action Atos a cédé jeudi 7,46% après avoir bondi de 10% la veille sur les informations de Reuters.
Selon des sources proches du secteur et des analystes, l’Etat français détient la clé de toute vente éventuelle de la division BDS d’Atos.
Entre autres activités, le groupe français sécurise les communications pour l’armée et les services de renseignement et se revendique comme le leader européen des services et de la sécurité digitale et l’un des principaux fournisseurs mondiaux de services numériques civiles et militaire.
« La vraie question est celle de l’avenir d’Atos et c’est réellement une question politique », relève Mikael Jacoby, directeur de trading pour l’Europe continentale chez Oddo Securities. « Je pense que cette question va rester dans l’esprit des investisseurs même si à court terme, il n’y a rien à attendre », ajoute-t-il.
L’un des plus anciens clients d’Atos est le CEA, le Commissariat à l’énergie atomique, que l’entreprise a aidé à simuler des essais de missiles nucléaires. Le groupe a également hérité de technologies confidentielles via le rachat en 2014 du groupe Bull, indiquent des sources du secteur.
Atos a remporté un contrat pour participer à la construction d’un supercalculateur en Inde, pays avec lequel la France a renforcé son partenariat sur la défense et la sécurité.
« C’est hautement stratégique et une affaire de souveraineté », souligne une source proche d’Atos à propos du contrat indien. « Tout comme les sous-marins nucléaires. »
« Nous suivons de très toutes les entreprises françaises », a déclaré un porte-parole du ministère français de l’Economie et des Finances en réponse à une question sur la situation d’Atos.
L’action Atos a perdu la moitié de sa valeur au cours de l’année écoulée après une série de revers qui ont conduit à l’éviction de son directeur général Elie Girard, successeur à la tête de l’entreprise de Thierry Breton, l’actuel commissaire européen en charge du marché intérieur et du numérique notamment.
(Reportage Mathieu Rosemain à Paris et Julien Ponthus à Londres, avec Tim Hepher, version française Bertrand Boucey, Blandine Hénault et Jean-Stéphane Brosse, édité par Matthieu Protard et Jean-Michel Bélot)
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