Allemagne-Les faillites d’entreprises à un plus haut de 11 ans en 2025
par Maria Martinez
BERLIN, 8 décembre (Reuters) – Les faillites d’entreprises allemandes devraient atteindre cette année leur plus haut niveau depuis 11 ans, selon une étude publiée lundi, alors que le pays est confronté à une morosité économique persistante.
Selon un rapport de l’agence de notation Creditreform, environ 23.900 entreprises devraient avoir déposé le bilan en 2025, soit une augmentation de 8,3% par rapport à 2024. Il s’agit également du plus important nombre depuis 2014.
Si cette hausse est moins marquée que les années précédentes, l’augmentation du nombre de dépôts de bilan souligne les difficultés profondes auxquels sont confrontées les entreprises allemandes après deux années de récession économique.
De nombreuses entreprises sont lourdement endettées, ont du mal à obtenir de nouveaux prêts et doivent faire face à des charges structurelles telles que les prix de l’énergie ou la réglementation, a déclaré Patrik-Ludwig Hantzsch, responsable de la recherche économique chez Creditreform.
« Cela met les petites et moyennes entreprises, en particulier, sous une pression énorme et paralyse de nombreuses activités », ajoute-t-il.
L’augmentation du nombre de procédures d’insolvabilité est due cette année à une hausse du nombre de cas parmi les petites entreprises. Les micro-entreprises, comptant jusqu’à dix employés, représentent ainsi la part la plus importante – 81,6% cette année, soit une légère hausse par rapport à 2024.
Creditreform s’attend à ce que les pertes financières dues aux faillites atteignent environ 57 milliards d’euros en 2025, contre 59,1 milliards d’euros en 2024.
Au sein de la population active, les faillites d’entreprises devraient toucher environ 285.000 salariés, soit une légère baisse par rapport aux 291.000 salariés de l’année précédente.
Le rapport dresse des perspectives prudentes pour 2026, malgré les projets du gouvernement en matière d’investissements dans les infrastructures et le réarmement visant à stimuler l’activité économique.
« L’économie allemande perd de sa compétitivité », a alerté Bernd Bütow, dirigeant de Creditreform.
« Les coûts élevés, la bureaucratie et la faiblesse persistante de l’économie continueront à favoriser les faillites. »
(Rédigé par Maria Martinez et Rene Wagner ; version française Coralie Lamarque ; édité par Blandine Hénault)
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