Allemagne: L’économie devrait progresser légèrement en 2026 déclare la Bundesbank
FRANCFORT, 19 décembre (Reuters) – Après trois années de stagnation, l’économie allemande ne connaîtra qu’une timide reprise en 2026, avant de s’accélérer grâce à l’augmentation des dépenses publiques, a déclaré vendredi la Bundesbank dans la mise à jour semestrielle de ses prévisions économiques.
La Bundesbank prévoit désormais une croissance de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, alors qu’elle avait précédemment prévu une stagnation, tandis que la croissance pour l’année prochaine est estimée à 0,6%, contre 0,7% dans ses prévisions de juin.
La plus grande économie européenne est en stagnation depuis 2023, son vaste secteur industriel ayant été évincé des principaux marchés d’exportation en raison des prix, tandis que les consommateurs nationaux préfèrent épargner et que le gouvernement a réduit les dépenses publiques.
Un changement s’est toutefois amorcé en mars dernier, lorsque le chancelier Friedrich Merz a approuvé de nouvelles règles en matière de dépenses, modifiant notamment le frein constitutionnel à l’endettement.
Il a également annoncé une augmentation des dépenses dans les domaines de la défense et des infrastructures, ce qui a stimulé la reprise de l’industrie et redonné confiance aux consommateurs.
« Si les progrès seront modestes au départ, ils s’accéléreront ensuite progressivement », a déclaré Joachim Nagel, président de la banque centrale allemande. « À partir du deuxième trimestre 2026, la croissance économique se renforcera nettement, principalement grâce aux dépenses publiques et à la reprise des exportations », a-t-il souligné.
FORTE CROISSANCE DES SALAIRES
Les changements dans les projections d’inflation sont toutefois beaucoup plus importants, en raison d’augmentations « inhabituellement fortes » des prévisions de croissance des salaires, qui pourraient rester supérieures aux moyennes à long terme pendant les années à venir, a averti la Bundesbank.
Les salaires réels augmenteront de 4,7% en 2025 et de 4,0% en 2026 dans l’ensemble, pour ensuite ralentir à 3% au cours des années suivantes, dans un contexte de faible taux de chômage, de pénurie de main-d’oeuvre et d’augmentation du nombre d’heures travaillées.
La forte croissance des salaires maintiendra l’inflation à un niveau plus élevé que prévu et les prix à la consommation augmenteront de 2,2% l’année prochaine, contre une prévision de 1,5% auparavant.
Cette révision des perspectives concernant l’évolution des prix est l’une des principales raisons pour lesquelles la Banque centrale européenne (BCE) a relevé jeudi sa propre projection d’inflation pour la zone euro à 1,9% pour 2026, contre 1,7% précédemment. L’institut de Francfort a également indiqué qu’il n’était pas pressé de modifier sa politique monétaire dans un avenir proche.
AVERTISSEMENT SUR LE DÉFICIT
La banque centrale a par ailleurs averti que les projets de dépenses conduisent l’Allemagne vers son plus important déficit depuis la réunification entre l’Est et l’Ouest il y a trois décennies, et a demandé que des mesures urgentes soient prises pour contrôler les finances publiques.
Selon la Bundesbank, ces investissements, combinés aux réductions d’impôts et aux transferts, porteront le déficit public à 4,8% du PIB en 2028, soit son plus haut niveau depuis 1995.
« On ne sait pas encore clairement comment le gouvernement central compte répondre à l’urgence d’agir pour garantir le respect des règles budgétaires nationales d’ici 2028 », a déclaré la Bundesbank dans son rapport mensuel.
Le ratio dette/PIB de l’Allemagne restera toutefois relativement faible, passant de 63% cette année à 68% en 2028. L’Italie et la France affichent toutes deux des ratios bien supérieurs à 100%.
(Reportage Balazs Koranyi, avec la contribution de Francesco Canepa et Maria Martinez, version française Diana Mandia, édité par Kate Entringer)
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