Airbus abaisse son objectif de production, invoque des retards de Pratt & Whitney
PARIS, 19 février (Reuters) – Airbus a annoncé jeudi une révision à la baisse de son principal objectif de production en raison d’une pénurie « significative » de moteurs de l’un de ses principaux fournisseurs, Pratt & Whitney, ainsi qu’une hausse de 17% de son bénéfice opérationnel au titre du quatrième trimestre.
L’avionneur européen a précisé qu’il visait désormais une production mensuelle de 70 à 75 A320neo – son modèle le plus vendu – d’ici la fin de 2027, pour se stabiliser à 75 appareils par mois au-delà. Il prévoyait auparavant un rythme mensuel de 75 unités en 2027, contre environ 60 actuellement.
Pour l’année en cours, le groupe vise 870 livraisons et un bénéfice opérationnel de 7,5 milliards d’euros environ.
Vers 09h05 GMT, l’action Airbus reculait de 5,85% à 188,92 euros pendant que le CAC 40 cédait 0,63%. Jefferies a évoqué dans une note un exercice 2025 « solide » mais des prévisions 2026 « en demi‑teinte », avec notamment des perspectives de livraisons inférieures aux attentes.
« L’incapacité de Pratt & Whitney à s’engager sur le nombre de moteurs commandés par Airbus affecte négativement les prévisions de cette année ainsi que la trajectoire de montée en cadence », a écrit le groupe dans un communiqué.
Airbus est prêt à faire respecter se droits contractuels dans le cadre de son différend avec Pratt & Whitney (filiale de RTX) a en outre déclaré son directeur général, Guillaume Faury, sans préciser si une action en justice était envisagée.
« Nous sommes très insatisfaits et nous ne sommes pas d’accord avec cela », a-t-il dit au sujet du niveau de livraisons à Airbus proposé par le motoriste.
« Les discussions en cours avec Pratt sont très importantes, car nous avons besoin de visibilité pour planifier. Et aujourd’hui, nous avons donné au marché une prévision pour 2026 qui repose sur l’état actuel de la négociation », a également déclaré le directeur général d’Airbus lors d’une conférence téléphonique avec les analystes.
Les deux entreprises sont en désaccord depuis des mois et ont indiqué ne pas avoir encore conclu d’accord sur les volumes pour 2026 ou 2027, alors que de tels accords sont habituellement établis environ 18 mois à l’avance.
Pratt & Whitney n’a pas souhaité faire de commentaires.
LIVRAISONS « ASSEZ BASSES » EN JANVIER ET FÉVRIER
Reuters rapportait plus tôt ce mois-ci que des inquiétudes concernant les livraisons du motoriste avaient fait naître des doutes quant à la capacité d’Airbus à maintenir ses objectifs de production.
Le plus grand constructeur d’avions au monde – qui fabrique également des satellites, des avions de chasse, ainsi que des hélicoptères civils et militaires – a en outre vu son bénéfice avant intérêts et impôts (Ebit) ajusté, indicateur-clé, atteindre 2,98 milliards d’euros sur la période octobre-décembre (+17%), tandis que son chiffre d’affaires a progressé de 5% à 25,98 milliards.
Les analystes tablaient en moyenne sur un Ebit ajusté de 2,86 milliards d’euros et sur des ventes de 26,51 milliards, selon un consensus compilé par l’entreprise.
Airbus avait fait état début janvier d’une hausse de 4% de ses livraisons d’avions commerciaux en 2025, avec 793 appareils livrés à 91 clients, prévenant toutefois que son environnement opérationnel restait « complexe et dynamique ».
Les avionneurs sont confrontés à une pénurie de moteurs due à des contraintes d’approvisionnement et à la concurrence des ateliers de maintenance, où la demande de pièces de rechange est pressante afin de réduire les délais d’attente.
Guillaume Faury a également évoqué jeudi des livraisons d’appareils « assez basses » en janvier et février, liées davantage aux récents problèmes de qualité industrielle affectant des panneaux de fuselage qu’à la pénurie de moteurs.
(Reportage Tim Hepher, version française Benjamin Mallet ; édité par Augustin Turpin et Blandine Hénault)
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