La Conférence des Eglises réformées romandes pas assez «transparente»?
Lors de son synode qui s’est déroulé 14 et 15 juin à Yverdon, l’Eglise réformée vaudoise a demandé plus de clarté sur les débats menés au sein de la Conférence des Eglises réformées romandes.
Une «absence de transparence». C’est ce dont souffrirait le travail des sept Eglises réformées de Suisse romande, réunies en association, la Conférence des Eglises réformées romandes (CER). Vendredi 14 juin, à Yverdon, le Synode (Législatif) de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV), plus grande contributrice de cette alliance ecclésiale, a d’ailleurs voté pour que les choses changent, suite à la préoccupation commune relayée par les deux commissions permanentes de l’EERV.
En effet, dans son rapport, la Commission de gestion (CoGest) de l’EERV mentionne avoir «demandé au Conseil synodal (Exécutif) d’avoir un accès à ses documents de travail au sein de la CER, en particuliers les ordres du jour et PV de séances, sans aucun succès». Le même souci est partagé par la Commission des finances (CoFin), qui relève dans son propre rapport «une absence de transparence sur les débats et les décisions qui sont prises au sein de cette association», malgré le fait que «les séances sont publiques».
Contacté, le pasteur neuchâtelois Christian Miaz, membre du Conseil exécutif de la CER, confie pourtant qu’«après discussion avec le Conseil synodal vaudois il y a un environ un mois, qui avait fait remonter cette question avant que son dernier synode ait lieu, il a été permis à tous les exécutifs romands de remettre ces documents à leur Synode respectif».
La CoGest souhaite toutefois aller plus loin, en faisant que ces documents soient rendus publics: «Les procès verbaux de l’EERV sont disponibles sur le site de notre Eglise, il devrait en être de même concernant la CER. S’il y a des choses qui demandent la confidentialité, le huis clos est possible», a prononcé à Yverdon le pasteur David Freymond, membre de la CoGest.
Mise en ligne «tous azimuts»
De son côté, le Conseil synodal n’entendait pas de cette oreille la perspective de rendre disponibles les PV des assemblées générales et tout autre document de travail de la CER. «Les représentants de nos Eglises à la CER ne prendraient peut-être pas la parole de la même façon s’ils savaient que les PV allaient finir sur le Web», a argumenté Philippe Leuba, membre du Conseil synodal. Et d’ajouter que «tout le monde n’est pas bien intentionné à l’égard de l’EERV. On pourrait se servir contre nous de ce qui serait mis en ligne tous azimuts».
Contactée, la communication de l’EERV renseigne donc que «la mise en œuvre de la décision est en cours». Pour autant, du côté de la CER, rien n’a encore été reçu depuis la décision prise au synode. La prochaine assemblée générale a lieu le 9 septembre. A suivre.
Publication des PV: une pratique inégale
Et qu’en est-il, du côté des Eglises cantonales, de la mise à disposition des procès-verbaux de leur institution? Sur le territoire romand, pour l’heure, seules l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) ou encore l’union synodale des Eglises de Berne-Jura-Soleure (refBEJUSO) ont pris l’habitude de publier sur leur site Internet et de manière accessible à tous le compte-rendu de leurs sessions synodales (Parlement).
De son côté, l’Eglise évangélique réformée du canton de Fribourg (EERF) a choisi de ne pas rendre publics ces documents. «Ils sont en ligne mais uniquement accessibles aux délégués», nous renseigne Jolande Roh, assistante à la Chancellerie. Pour autant, précise-t-elle, «une fois que le procès-verbal a été approuvé par le Synode (à la session suivant, ndlr.), un extrait de celui-ci peut être demandé, cela en regard de l’article 129 du Règlement ecclésiastique et conformément à la Loi cantonale sur l’information et l’accès aux documents (LInf)».
En Valais, l’Eglise réformée évangélique du canton (EREV) ne diffuse pas non plus le PV de ses synodes, qu’elle transmet uniquement «aux personnes concernées», indique son vice-président Gilles Cavin. «La raison en est simplement que nous n’en avons jamais reçu la demande. Cela est sûrement dû aux réalités de notre petite Eglise, sans tensions majeures.»
Quant à l’Eglise protestante de Genève (EPG), la situation est plus ambiguë. En effet, alors que le Consistoire a voté, en décembre 2018, en faveur de la mise en ligne, et sans restriction d’accès, des mémoriaux et de leurs annexes, ceux-ci ne sont toujours pas disponibles au grand public. Pour rappel, le jour du vote, le délégué Stefan Keller, aujourd’hui secrétaire général, s’était farouchement opposé à une telle décision, s’inquiétant «qu’une telle publication ait un effet d’autocensure.»
Anne-Sylvie Sprenger, Protestinfo
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