La persécution des chrétiens se poursuit au Nigeria
En juillet 2026, au moins 250 personnes ont été tuées lors d’attaques menées par des milices peules dans la région de la Middle Belt au Nigéria. Ces derniers chiffres sont publiés alors que le président américain Donald Trump avait déclaré que les massacres généralisés de chrétiens avaient pris fin. Parallèlement, les États-Unis ont retiré 200 soldats du nord-est du Nigéria.
Selon les informations disponibles, au moins 250 personnes, pour la plupart des chrétiens, ont été tuées en juillet 2026 dans les États fédérés de Benue, de Plateau et de Kaduna. Ces meurtres font suite à six mois de violences incessantes au Nigéria et montrent que le massacre des chrétiens, que le président américain Donald Trump avait déclaré terminé, est loin d’être terminé.
Selon les données de l’International Society for Civil Liberties and Rule of Law (Intersociety), environ 2 550 chrétiens auraient été tués au Nigéria entre janvier et juin 2026, et 2 800 autres enlevés. Au cours de la même période, 1 050 musulmans ont été tués et 1 150 enlevés. Selon le rapport, environ 300 églises ont en outre été détruites ou abandonnées, dix pasteurs chrétiens ont été tués et dix autres enlevés. Environ 800 femmes et enfants chrétiens auraient été convertis de force à l’islam pendant leur captivité.
Depuis lors, les violences se sont poursuivies sans relâche. Dans la nuit du 26 au 27 juillet, des milices islamistes peules présumées ont attaqué le village de Naridon (Kizakoro), dans le district de Kauru, dans l’État fédéré de Kaduna. Trente personnes ont été tuées, dont vingt-deux membres d’une même famille. Sept autres personnes ont été blessées. Deux habitations et trois commerces ont été détruits.
Le gouvernement réagit principalement aux attaques
Comme lors des attaques précédentes, le président Bola Ahmed Tinubu a réagi en ordonnant aux autorités de sécurité d’intervenir. Il a déclaré avoir « ordonné aux forces armées, à la police nigériane et aux services de renseignement compétents de renforcer leurs opérations dans les zones touchées afin d’arrêter rapidement les auteurs, d’obtenir la libération des personnes enlevées et de rétablir la normalité au sein de la communauté ».
De nombreux dirigeants locaux critiquent toutefois le fait que le gouvernement continue d’agir principalement de manière réactive.
Dans une lettre ouverte datée du 27 juillet 2026 adressée au chef de la police de l’État fédéré de Kaduna, qui a également été transmise au gouverneur Uba Sani, la Southern Kaduna People’s Union (SOKAPU) a réclamé un changement de cap fondamental : « Les actes de violence actuels exigent de s’éloigner clairement des mesures réactives pour s’orienter vers une répression résolue et proactive. »
Une attaque « ciblée » contre un responsable chrétien
Dans l’État fédéré de Plateau également, les attaques se multiplient en 2026. Le 11 juillet, neuf membres de la famille élargie du pasteur Ezekiel Dachomo ont été tués. L’attaque a été qualifiée de ciblée.
Ezekiel Dachomo compte désormais parmi les voix chrétiennes les plus engagées du Nigéria. Il attire l’attention de la communauté internationale sur le nombre croissant de fosses communes qui apparaissent à la suite d’attaques contre des communautés chrétiennes dans l’État fédéré de Plateau. Selon certaines informations, ses activités auraient également attiré l’attention du président Donald Trump.
Parallèlement, le pasteur a reçu des menaces de mort de la part de groupes islamistes radicaux. Après l’attaque, il a déclaré : « Les personnes qui sont venues ici savaient que j’étais lié à ces gens. » S’adressant aux auteurs de ces crimes, il a déclaré : « J’ai pardonné aux personnes qui sont venues et qui ont tué mes frères et sœurs. Je vous ai pardonné de tout mon cœur. »
La réaction des États-Unis
Le 23 juillet 2026, Frank Garcia, sous-secrétaire d’État américain chargé des affaires africaines, a condamné ces meurtres et a exprimé « nos plus sincères condoléances » aux familles des victimes ainsi qu’à toutes les personnes touchées.
M. Garcia a souligné que les États-Unis restaient déterminés à coopérer avec le gouvernement nigérian « pour lutter contre le terrorisme, contrer l’extrémisme violent et veiller à ce que les chrétiens et tous les Nigérians puissent vivre et pratiquer leur foi librement, sans crainte de violence ou de persécution ».
Pour de nombreux chrétiens nigérians, cette déclaration est toutefois restée bien en deçà de la rhétorique plus ferme qu’avait employée auparavant le président Donald Trump. En novembre 2025, il avait lancé cet avertissement : « Si le gouvernement nigérian continue de laisser les chrétiens se faire tuer, les États-Unis cesseront immédiatement toute aide et tout soutien au Nigéria et pourraient très bien intervenir dans ce pays désormais discrédité, “avec toutes les armes”, afin d’anéantir complètement les terroristes islamistes qui commettent ces terribles atrocités. »
Bien que les États-Unis aient déployé 200 soldats dans le nord-est du Nigéria pour soutenir les opérations contre Boko Haram, ces troupes ont été retirées en juin 2026. Cela s’est produit malgré la poursuite des attaques contre des bases militaires, des villages et des civils – notamment une attaque contre Ngoshe, dans l’État fédéré de Borno.
Le général Dagvin Anderson, du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a déclaré à ce sujet : « Nous avons retiré une grande partie de nos forces qui étaient sur place uniquement pour cette opération. » Dans le même temps, il a souligné que les États-Unis poursuivraient l’échange de renseignements et d’autres formes de coopération en matière de sécurité demandées par le Nigéria.
Le 26 juin, Donald Trump a déclaré de manière surprenante que les attaques contre les communautés chrétiennes avaient pris fin : « Nous avons récemment mené une intervention au Nigéria et avons largement mis fin au massacre de vastes populations chrétiennes. »
Le 6 juillet, il a écrit au président Bola Tinubu pour saluer son « leadership résolu » et rendre hommage à ses efforts visant à lutter contre la « violence à l’encontre des communautés chrétiennes ».
Les intérêts géopolitiques influencent la politique américaine
L’évaluation de Donald Trump a été rejetée par Joseph Hayab, président de l’Association chrétienne du Nigéria (CAN) pour les 19 États du nord et le territoire de la capitale. « Ceux qui sont vraiment en mesure de dire si le président Trump a réussi devraient être les chrétiens nigérians, et non Trump lui-même. »
Certains analystes attribuent l’attitude plus réservée de Washington au lobbying efficace du gouvernement nigérian, qui viserait à influencer la perception internationale de la crise.
Cheta Nwanze, directeur général de la société nigériane d’analyse des risques SBM Intelligence, considère en outre que des intérêts géopolitiques plus larges influencent la politique américaine.
Le Nigéria dispose de réserves de pétrole de plusieurs dizaines de milliards de barils et reste le plus grand producteur de pétrole d’Afrique. Selon M. Nwanze, la coopération en matière de lutte contre le terrorisme sert donc également des intérêts énergétiques stratégiques.
« Le fait de présenter cela comme une lutte contre le terrorisme est authentique, mais aussi pratique, car cela permet des interventions qui servent également à sécuriser les ressources », explique M. Nwanze.
Y a-t-il de l’espoir pour les chrétiens persécutés ?
À la mi-juillet 2026, les députés américains Riley Moore, de Virginie-Occidentale, et Jeff Steube, de Floride, ont déposé à la Chambre des représentants un projet de loi visant à demander des comptes aux gouvernements et aux « acteurs responsables de la persécution d’individus en raison de leur foi ».
Le projet a été adopté à une courte majorité de 217 voix contre 209. Il prévoit de réduire l’aide américaine au Nigéria jusqu’à ce que des mesures efficaces soient prises pour protéger les communautés chrétiennes contre les violences à caractère religieux. Reste à voir si cette initiative conduira effectivement à un changement fondamental de la politique américaine.
Entre-temps, de nombreux chrétiens nigérians continuent de garder la foi malgré la violence. Longdi ThankGod, âgée de 22 ans, se trouvait le 21 juin 2026 dans une maternité de l’État fédéré de Plateau lorsque celle-ci a été attaquée par des milices peules. Son mari et quatre autres membres de sa famille ont été tués. Malgré tout, ThankGod a donné à sa fille nouveau-née le prénom de Na’anbammun, qui signifie « Dieu nous a sauvés ».
La frustration conduit à des appels à l’autodéfense
La frustration croissante face à l’incapacité du gouvernement à assurer la sécurité a parallèlement renforcé les appels à une autodéfense légitime.
L’Association chrétienne du Nigéria (CAN) a appelé les chrétiens à s’organiser pour assurer leur propre protection. Joseph Hayab a déclaré : « Tant que nous ne commencerons pas à nous organiser nous-mêmes et à chasser ceux qui nous persécutent, ils continueront à nous terroriser pendant encore deux cents ans. »
Le général de brigade à la retraite John Sura estime lui aussi que les Nigérians ont le droit légal de se défendre.
Pour de nombreux chrétiens du Nigéria, la question n’est donc plus de savoir si la violence va se poursuivre, mais si le gouvernement nigérian et ses partenaires internationaux prendront des mesures réellement susceptibles d’y mettre fin.
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
1. Le Journal Chrétien, un service de presse en ligne reconnu par l’Etat
Le Journal Chrétien est historiquement le premier pure-player chrétien francophone dont le but est d’offrir au quotidien une information fiable et de qualité avec un regard chrétien.La ligne éditoriale du Journal Chrétien est généraliste, s’intéressant particulièrement aux actualités politiques, économiques, sportives et religieuses.
Il est le média chrétien le plus ancien et le plus lu dans Google actualités, principal canal de visibilité et d'audience pour les médias d'information en ligne.
Lorsqu’une église ou un pasteur doit faire face à des accusations calomnieuses dans le paysage médiatique ou devant les tribunaux français, les publications du Journal Chrétien sont toujours accueillies avec beaucoup de considération.

