UE et Grande-Bretagne agitent la menace d’un « no deal » pour faire plier l’autre
par Gabriela Baczynska, Guy Faulconbridge et Andrew R.C. Marshall
BRUXELLES/LONDRES (Reuters) – La Grande-Bretagne et l’Union européenne ont campé sur leurs positions à l’issue, vendredi, d’un troisième cycle de négociations sur leur relation future marqué par des échanges acrimonieux, chaque camp agitant la menace d’une absence d’accord pour tenter de faire plier l’autre.
La Grande-Bretagne a officiellement quitté l’Union européenne le 31 janvier mais elle reste soumise aux principales règles liées à l’appartenance au bloc le temps de trouver un accord avec Bruxelles sur leur future relation, notamment commerciale. Cette période de transition s’achève à la fin de l’année et le gouvernement britannique a exclu de la prolonger.
« Nous avons fait très peu de progrès vers un accord sur les questions en suspens les plus importantes entre nous », a déclaré le négociateur en chef britannique David Frost après une semaine de discussions.
Des divergences fondamentales persistent sur plusieurs points essentiels, comme la pêche et la sécurité, ce qui pourrait compromettre la conclusion d’un accord avant le 31 décembre, selon des sources européennes.
DIVERGENCES SUR LA PÊCHE
Le principal point d’achoppement porte sur la définition de « règles du jeu équitables », destinées à harmoniser la réglementation entre les deux parties. Pour l’UE, une telle harmonisation est indispensable pour que la Grande-Bretagne n’adopte pas de normes moins contraignantes pour ses entreprises. Les Britanniques, eux, refusent de se soumettre à des règles décidées par l’UE.
Pour David Frost, le principal obstacle à un accord est l’insistance de l’UE pour intégrer à ces règles un ensemble de propositions « nouvelles et non équilibrées ».
« Dès que l’UE reconnaîtra que nous ne conclurons pas d’accord sur cette base, nous pourrons progresser », a-t-il déclaré. » Nous avons grandement besoin d’un changement d’approche de l’UE pour le prochain cycle débutant le 1er juin », a-t-il ajouté.
Michel Barnier, le chef des négociateurs européens, a déclaré pour sa part que les discussions avaient été décevantes, la Grande-Bretagne refusant d’engager des discussions détaillées sur les thèmes de la concurrence équitable et de la pêche.
« Il n’y aura pas d’accord avec le Royaume-Uni sans un accord équilibré sur la pêche », a-t-il dit, ajoutant: « Nous n’allons pas brader nos valeurs pour le bien de l’économie britannique. »
Selon lui, Londres devrait revoir sa position au risque de se diriger vers une « impasse ».
Londres et Bruxelles devront évaluer fin juin les progrès accomplis et convenir ou non d’une prolongation des discussions au-delà de la période de transition, hypothèse pour le moment exclue à Londres.
Pour l’UE, les pourparlers doivent s’achever aux alentours d’octobre afin que l’accord puisse être ratifié dans les temps par le Parlement européen et les Etats membres.
(Version française Jean-Philippe Lefief et Claude Chendjou, édité par Bertrand Boucey)
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