Sous-marins: l’Australie défend sa décision, Blinken flatte la France
WASHINGTON (Reuters) – L’Australie a pris la décision de dénoncer sa commande de sous-marins français au profit d’une coopération accrue avec les Etats-Unis « dans l’intérêt de sa sécurité nationale », a déclaré jeudi le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, tandis que le chef de la diplomatie américaine s’employait à calmer la colère de Paris.
L’annonce, dans la nuit de mercredi à jeudi, de l’annulation de la commande de 12 sous-marins à propulsion conventionnelle passée auprès de Naval Group, qualifiée de « contrat du siècle », a provoqué la stupeur et la colère des dirigeants français.
L’Australie va être équipée à la place de sous-marins à propulsion nucléaire américains, ont annoncé son Premier ministre Scott Morrison et le président américain Joe Biden, qui ont dit voir dans cette coopération accrue le meilleur moyen de tenir tête aux ambitions de la Chine.
La France reste un « partenaire vital » des Etats-Unis dans la région indo-pacifique, a assuré jeudi le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui s’exprimait pendant la même conférence de presse que Peter Dutton à Washington.
« Nous coopérons de manière incroyablement étroite avec la France sur beaucoup de priorités communes dans l’indo-pacifique mais aussi ailleurs dans le monde. Nous allons continuer à le faire. Nous accordons une valeur fondamentale à cette relation, à ce partenariat », a dit le chef de la diplomatie américaine.
Peter Dutton a justifié de son côté le revirement de son pays par une « incertitude » selon lui sans équivalent depuis la Seconde Guerre mondiale dans la région indo-pacifique.
« L’Australie a pris sa décision sur les sous-marins en fonction du meilleur intérêt pour sa sécurité nationale », a-t-il déclaré pendant une conférence de presse à Washington, ajoutant que des sous-marins à propulsion nucléaire français n’auraient pas constitué une meilleure offre que celle des Etats-Unis et du Royaume-Uni.
Le pacte de sécurité conclu avec Washington et Londres se traduira aussi par des rotations plus fréquentes d’avions de combat américains sur le territoire australien, a précisé le ministre australien de la Défense.
(Daphne Psaledakis, Humeyra Pamuk, Doina Chiacu et David Brunnstrom, version française Tangi Salaün)
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