Nucléaire: Pas de fermeture complète après Fessenheim, redit l’Etat
PARIS (Reuters) – Le gouvernement n’envisage pas de fermeture complète de sites nucléaires après l’arrêt imminent de l’exploitation de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), a réaffirmé vendredi le ministère de la Transition écologique.
EDF déconnectera le réacteur n°2 de Fessenheim du réseau électrique national dans la nuit de lundi à mardi prochains après avoir arrêté le réacteur n°1 le 22 février. Cette déconnexion marquera l’arrêt de la plus ancienne centrale nucléaire en exploitation du parc français, mise en service il y a 43 ans.
La fermeture du site de Fessenheim, annoncée par François Hollande, avait été confirmée par Emmanuel Macron lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2017.
Elle s’inscrit dans l’objectif de la France de faire baisser à 50% la part du nucléaire dans sa production d’électricité en 2035, qui implique au total la fermeture de 14 réacteurs d’ici là, dont six à huit avant 2030 (en incluant les deux unités de Fessenheim).
La démarche retenue pour les prochains arrêts de réacteurs est de ne plus procéder à des fermetures complètes de sites, a indiqué vendredi un conseiller du ministère de la Transition écologique, confirmant une exigence formulée par Emmanuel Macron en 2018.
« L’exemple de Fessenheim a montré que la revitalisation était une opération de long terme (…) et donc il paraît plus stratégique d’aller vers des fermetures non pas complètes mais à demi ou au tiers », a-t-il dit lors d’une conférence téléphonique.
Le plan d’accompagnement de l’arrêt de Fessenheim vise à faire du Haut-Rhin un « territoire de référence à l’échelle européenne » en matière d’économie bas-carbone, notamment avec un appel d’offre spécifique au département afin d’y déployer 300 mégawatts (MW) de capacités photovoltaïques pour un coût prévisionnel pour l’État de 240 millions d’euros sur vingt ans.
Il inclut aussi un parc d’activité en bord de Rhin (ÉcoRhena) pour une superficie de 90 hectares, qui doit être aménagé d’ici 2021, ainsi qu’une extension complémentaire.
Concernant les 1.200 emplois directs que représentait la centrale de Fessenheim lorsqu’elle fonctionnait à plein régime (850 salariés et environ 400 sous-traitants), la priorité est donnée à un redéploiement des salariés d’EDF sur l’ensemble du parc nucléaire et plus largement du groupe et, pour les autres, à des diversifications d’activité ou des évolutions professionnelles.
Pour les quelque 800 emplois induits recensés, l’Etat a prévu des mesures de soutien au développement et à la création d’une « offre structurée et coordonnée de tourisme ».
Dans un communiqué publié vendredi, le Comité social et économique central (CSEC) d’EDF SA a dénoncé une fermeture « sur décision dogmatique », sans raison technique ni économique.
« Alors que nos deux premières filières industrielles, automobile et aéronautique, sont au plus mal, il est scandaleux de voir la troisième, électronucléaire civile, et ses 220.000 emplois directs ainsi atrophiée », a jugé l’instance de représentation des salariés.
(Benjamin Mallet, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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