L’Onu prévient de risques d’une répression excessive sur fond de crise sanitaire
NEW YORK (Reuters) – Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré jeudi que le coronavirus pourrait servir de prétexte à certains pays pour adopter des mesures de répression sans lien avec l’épidémie, prévenant que la crise sanitaire risquait de provoquer une crise des droits de l’homme.
Guterres a publié un rapport de l’Onu soulignant la manière dont les droits humains devaient guider la réponse à la crise sanitaire, sociale et économique qui frappe le monde.
« Nous voyons des effets disproportionnés sur certaines communautés, la montée des discours haineux, le ciblage de groupes vulnérables, et les risques de réponses sécuritaires sévères nuisant à la réponse sanitaire », a-t-il dit.
Selon le rapport onusien, les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées dans le monde sont particulièrement vulnérables. Plus de 131 pays ont fermé leurs frontières, et seuls 30 pays accordent des exceptions pour les demandeurs d’asile, dit le document.
« Dans un contexte de montée du nationalisme ethnique, du populisme, de l’autoritarisme et d’un recul des droits de l’homme dans certains pays, la crise peut servir de prétexte pour adopter des mesures répressives à des fins sans lien avec la pandémie », a déclaré Guterres. « Cela est inacceptable », a-t-il ajouté.
Aucun exemple précis n’est cité par l’Onu dans son rapport.
Guterres a appelé les gouvernements à la transparence, et a souligné que l’espace civique et la liberté de la presse étaient « cruciaux ».
Le rapport des Nations unies souligne que l’épidémie entraîne des difficultés supplémentaires qui, si elles étaient laissées sans réponse, alimenteront « les tensions et pourraient provoquer des troubles civils », avec comme autre conséquence une possible réponse sécuritaire excessive.
« Dans tout ce que nous faisons, n’oublions pas: la menace est le virus, pas la population », a dit Guterres.
(Michelle Nichols; version française Jean Terzian)
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