Retraites: Les opposants à la réforme multiplient les actions surprise
La contestation contre la réforme des retraites, qui est entrée vendredi dans son 44e jour, s’envenime avec une série d’actions « coup de poing » des opposants au projet gouvernemental qui ont notamment fait irruption au siège de la CFDT à Paris.
Le dirigeant du syndicat réformiste, qui appelle au dialogue avec le gouvernement sur les modalités du futur système de retraites par points, a dénoncé une agression violente.
« Quelques dizaines d’individus se sont introduits violemment dans les locaux de la confédération CFDT ce midi », a fait savoir Laurent Berger sur Twitter. « Ils ont agressé verbalement et physiquement des salariés de la CFDT », a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron a condamné cette intrusion « avec la plus grande fermeté ».
« Les violences à l’égard de syndicalistes, quels que soient d’ailleurs les confédérations syndicales, sont une honte pour notre démocratie et sont inacceptables », a déclaré le chef de l’Etat, interrogé par LCI.
L’un des participants à cette action revendiquée par la « coordination SNCF-RATP » a démenti toute violence. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des militants pénétrer dans les locaux, dans le 19e arrondissement, et chanter notamment « On est là! », sans débordements.
« Il n’y a ni violence, ni verbale ni physique, par contre un de vos dirigeants a déchiré la veste d’un gréviste présent. Un autre a bousculé une gréviste », a écrit sur son compte Twitter Anasse Kazib, qui se présente comme un cheminot membre de Sud Rail.
« Ce n’est pas contre les adhérents de la CFDT, mais contre la bureaucratie qui porte ici le nom de Laurent Berger et est en train de négocier la régression sociale », a déclaré ce dernier dans un mégaphone devant les locaux de la CFDT.
Depuis que le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la suspension de l’âge pivot à 64 ans, mesure censée ramener le régime des retraites à l’équilibre en 2027, le front syndical s’est scindé entre les réformistes de la CFDT et l’Unsa et les syndicats contestataires – CGT et FO en tête – qui réclament le retrait du projet de loi.
LE MUSÉE DU LOUVRE FERMÉ
« On a le droit d’avoir des opinions différentes (…) mais tout responsable public d’un réseau syndical, politique, doit être très clair », avait déclaré jeudi soir Laurent Berger sur BFM TV, invitant Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à condamner clairement ce type d’actions.
Dans un communiqué diffusé vendredi, la CGT déclare qu’elle « ne cautionne pas ce type d’action », « quels que soient les désaccords entre organisations syndicales ».
Le dirigeant de la CFDT a fait état de dégradations sur deux locaux syndicaux, de « propos homophobes » et de « caricatures en collaborateurs de la Seconde guerre mondiale, en nazis. »
« La violence n’est pas tolérable dans notre démocratie », a réagi vendredi sur Twitter le président de l’Assemblée nationale (La République en marche), Richard Ferrand.
Face à l’essoufflement du mouvement, les opposants à la réforme s’emploient à marquer leur détermination en diversifiant leurs actions, au-delà des manifestations et grèves.
Ainsi, des militants de l’intersyndicale CGC-CGT-FSU-Sud du Louvre ont provoqué vendredi la fermeture du musée le plus fréquenté au monde pour protester contre les « orientations désastreuses » d’Emmanuel Macron.
« Notre mobilisation s’inscrit aux côtés de tous les agents grévistes en lutte dans le pays pour une vie digne », peut-on lire dans un communiqué.
Vendredi matin à Béziers (Hérault), des manifestants opposés à la réforme des retraites ont interrompu une émission délocalisée de RMC, a indiqué la station de radio.
Jeudi soir, la secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes, Marlene Schiappa, qui entre en campagne dans le XIVe arrondissement de Paris pour les municipales de mars, a été prise à partie lors d’une réunion publique par un groupe de manifestants. Elle a dénoncé vendredi matin sur Radio Classique une action « très menaçante » et « antidémocratique ».
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