L’Inde interdit les importations du Pakistan sur fond de tensions liées au Cachemire
NEW DELHI (Reuters) -L’Inde a annoncé samedi l’interdiction des importations de marchandises en provenance du Pakistan ou transitant par le pays, ainsi que l’accès des navires pakistanais à ses ports, dans un climat de tensions exacerbé entre les deux Etats depuis un attentat meurtrier au Cachemire indien survenu le 22 avril.
La direction générale du commerce extérieur de l’Inde a précisé dans un avis que cette interdiction entrait en vigueur immédiatement.
« Cette restriction est imposée dans l’intérêt de la sécurité nationale et de la politique publique », a ajouté l’agence gouvernementale.
Les autorités indiennes accusent le Pakistan d’être derrière l’attaque contre des touristes qui a fait 26 morts – 25 Indiens et un ressortissant népalais – dans la région de Pahalgam le 22 avril.
Au lendemain de cette attaque, l’Inde a pris une série de sanctions contre le Pakistan, issu de la partition de 1947. Les deux nations, qui se disputent la souveraineté du Cachemire, se sont affrontées à trois reprises – en 1947, 1965 et 1999.
Le gouvernement indien a notamment décidé de suspendre le traité de l’Indus 1960 sur le partage des eaux entre les deux Etats, accusant Islamabad de soutenir le « terrorisme transfrontalier ».
En représailles, le Pakistan a suspendu tout commerce frontalier, fermé son espace aérien aux compagnies indiennes et expulsé des diplomates indiens, dénonçant « une guerre de l’eau ».
Samedi, l’Inde a déclaré que les navires battant pavillon pakistanais ne seraient pas autorisés à accéder à ses ports et que ses propres navires ne se rendraient dans aucun port du Pakistan.
« Cet ordre (vise à) assurer la sécurité des actifs indiens, du fret et des infrastructures connectées, dans l’intérêt public et dans l’intérêt du transport maritime indien », a déclaré la Direction générale du transport maritime dans un communiqué.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont baissé au cours des dernières années.
(Reportage Rupam Jain, version française Benjamin Mallet)
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