L’affaire Mandelson anéantit la promesse de stabilité de Keir Starmer
par Elizabeth Piper, Andrew MacAskill et Alistair Smout
LONDRES, 23 avril (Reuters) – Moins de deux ans après son arrivée au 10, Downing Street, le Premier ministre britannique Keir Starmer voit sa position ébranlée par l’affaire Mandelson et son image de dirigeant sérieux et efficace – sur laquelle il avait bâti son succès électoral de juillet 2024, promettant d’en finir avec des années de turbulences politiques – sérieusement mise à mal.
Empêtré depuis des mois dans le scandale lié à sa décision de nommer Peter Mandelson, l’un des piliers du Labour, au poste prestigieux d’ambassadeur à Washington, en décembre 2024, avant de devoir le limoger en septembre dernier en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein, le chef du gouvernement britannique peine à dissiper les doutes qui entourent sa gestion des affaires.
Son cabinet a démenti cette semaine les allégations d’Olly Robbins selon lesquelles Downing Street avait fait pression sur l’administration du Foreign Office pour accélérer la nomination de l’ex-ministre et commissaire européen.
Mais le témoignagede cet ancien haut fonctionnaire du Foreign Office, mardi devant une commission parlementaire, a jeté une lumière crue sur les défaillances de son gouvernement.
Tout est parti d’un article du Guardian publié la semaine dernière révélant que le ministère des Affaires étrangères avait passé outre, pour nommer Peter Mandelson à Washington, à un avis défavorable d’un service chargé de contrôler les antécédents des candidats au poste.
Il est apparu par la suite que le Premier ministre, dont l’entourage souligne qu’il gère son bureau méthodiquement et ne prend jamais de décisions « à la légère », n’avait pas été informé de cet avis négatif.
Devant les parlementaires, Olly Robbins a confirmé que Keir Starmer n’avait pas été tenu au courant mais a déploré la « pression constante » exercée par l’entourage du Premier ministre sur son administration, via de « fréquents appels téléphoniques », et s’est décrit comme un « bouc émissaire ».
Le porte-parole du Premier ministre a répliqué qu’il y avait une différence entre exercer des pressions et vouloir se tenir informé.
« Starmer s’est présenté comme s’il allait se montrer plus vertueux que les autres et au moins compétent », observe Chris Hopkins, directeur de la recherche politique à l’institut de sondages Savanta. « Quand on perd ses principaux arguments de vente, il ne reste plus grand-chose. »
« EN PHASE TERMINALE »
Trois personnes proches de l’équipe du Premier ministre ont déclaré à Reuters que Keir Starmer était devenu excessivement dépendant d’un petit groupe de conseillers, qui l’ont par trop isolé de son parti et de l’opinion publique.
Nombre de ces conseillers ont depuis quitté leurs fonctions, notamment son chef de cabinet, Morgan McSweeney, un protégé de Peter Mandelson qui a démissionné en février pour assumer la responsabilité de toute l’affaire, et Keir Starmer rencontre désormais plus régulièrement les parlementaires travaillistes qui s’opposaient auparavant à sa « mentalité de bunker ».
Selon une source, Downing Street est désormais une entité plus « fonctionnelle » qu’il y a six mois. Mais c’est peut-être insuffisant, et trop tard.
« On est en phase terminale », tranche un député du Labour, même s’il ajoute que les élus du Parti n’envisagent aujourd’hui aucune initiative pour destituer le Premier ministre, expliquant que « les collègues ont terriblement peur de l’inconnu. »
Keir Starmer ne semble pas avoir de nombreux défenseurs au sein du Parti travailliste et les questions relatives à l’affaire Mandelson devraient continuer de hanter son mandat.
De nouveaux documents relatifs à la nomination de l’ancien ministre devraient être publiés après les élections locales et régionales du 7 mai, lors desquelles le Labour devrait subir de lourdes pertes face au parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.
« Le Parti travailliste et Starmer sont désormais perçus comme la même chose qu’avant », relève Chris Hopkins. « Et il lui sera presque impossible de remonter la pente. »
(Jean-Stéphane Brosse pour la version française)
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