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Discussions Ukraine-Russie à Genève alors que Trump met la pression sur Kyiv

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par John Revill

GENEVE, 17 février (Reuters) – Des négociateurs de l’Ukraine et de la Russie ont bouclé mardi à Genève la première journée d’un nouveau cycle de négociations de paix chapeautées par les Etats-Unis, alors que le président Donald Trump a de nouveau pressé Kyiv d’agir rapidement pour parvenir à un accord avec Moscou, après quasiment quatre ans de guerre.

Alors qu’il s’était dit en mesure de négocier en vingt-quatre heures seulement une issue au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, Donald Trump exhorte régulièrement Ukraine et Russie à parvenir à un accord.

Le président américain a présenté en janvier son homologue ​ukrainien Volodimir Zelensky comme un « obstacle » à ‌la paix, ce que ce dernier a rejeté en se plaignant de subir davantage de pressions américaines que ​le président russe Vladimir Poutine.

En amont de ⁠la réunion de Genève, le chef de la délégation ukrainienne, Roustem Oumerov, secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité et de défense, a déclaré ‌que les deux camps discuteraient de questions « sécuritaires et ‌humanitaires ».

« Nous travaillons de manière constructive, attentive, et sans attentes excessives », a-t-il écrit sur le réseau social X. « Notre mission est d’avancer au maximum sur les solutions pouvant nous rapprocher d’une paix durable ».

Il a déclaré mardi en fin de journée que les pourparlers s’étaient focalisés sur des « aspects pratiques ».

Le Kremlin avait pour sa part prévenu qu’il ne fallait s’attendre à aucune annonce majeure lors de cette ​première journée de discussions en Suisse.

Ce cycle de négociations intervient après une réunion qualifiée de « productive » plus tôt ce mois-ci à Abou Dhabi, qui a donné lieu à un échange de prisonniers, mais sans qu’aucune avancée majeure ne soit signalée.

La Russie a poursuivi ses bombardements massifs sur les infrastructures énergétiques de son voisin, privant des centaines de milliers d’Ukrainiens d’électricité et de chauffage en plein hiver glacial.

DES DÉLÉGATIONS EUROPÉENNES PRÉSENTES À GENÈVE

Volodimir Zelensky a appelé les alliés de l’Ukraine à accroître la pression sur la Russie, via des sanctions renforcées contre Moscou et des aides militaires supplémentaires à Kyiv, afin de parvenir à un accord de paix « réel et juste ».

D’après quatre sources au fait ⁠de la question, des délégations de plusieurs pays européens étaient présentes mardi à Genève, sans toutefois assister aux négociations trilatérales.

L’une des sources a déclaré que les Européens avaient été invités après que Volodimir Zelensky a ⁠demandé à Washington de les inclure dans le processus. Il est prévu qu’un compte-rendu leur soit effectué par des représentants américains et ukrainiens, a ajouté cette source.

Interrogé lundi soir sur ses attentes à propos des pourparlers Ukraine-Russie, Donald Trump a une nouvelle fois pointé Kyiv du doigt.

« Et bien nous allons avoir de grandes discussions. Cela va être très facile. (…) L’Ukraine ferait mieux de venir rapidement à la table de négociation. C’est tout ce que je vous dis », a répondu le président américain aux journalistes présents à bord de l’avion Air Force One le ramenant à Washington depuis sa résidence floridienne de Mar-a-Lago.

La Russie exige ⁠que l’Ukraine lui ‌cède les 20% de territoires de la région orientale de Donetsk dont elle n’est pas parvenue à s’emparer près de quatre ans après le déclenchement de ⁠son invasion à grande échelle le 24 février 2022. Kyiv refuse fermement une telle concession.

« Cette fois-ci, l’idée est de discuter d’un éventail élargi ​de questions dont, en fait, ​les principales. Les principaux problèmes concernent à la fois les territoires et tout ce qui est lié aux demandes que nous avons formulées », a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« FRAPPE MASSIVE » CONTRE DES ​SITES UKRAINIENS

Outre la question territoriale, la Russie exclut toute adhésion de l’Ukraine à l’Otan et tout déploiement de soldats de l’alliance transatlantique dans ce pays.

Avant même son invasion à grande échelle de 2022, la Russie a annexé la Crimée en 2014 ainsi qu’une partie de la région ‌du Donbass, qui englobe les oblasts de Donetsk ​et Louhansk. Elle contrôle environ 20% du territoire ukrainien.

Le ministère russe de la Défense, cité par l’agence Interfax, a revendiqué mardi une « frappe massive » contre des sites militaro-industriels et énergétiques ukrainiens.

La défense antiaérienne ukrainienne a ​dit pour sa part que la Russie avait tiré 396 drones et 29 missiles au cours de la nuit, dont respectivement 367 et 25 ont été abattus. Quatre missiles balistiques et 18 drones ont frappé 13 cibles différentes à travers l’Ukraine, a-t-elle dit.

Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Donald Trump, et Jared Kushner, gendre du président américain, représentent Washington lors de ce cycle de pourparlers. Witkoff et Kushner ont également pris part à Genève à des discussions avec l’Iran, illustration de la volonté de l’administration Trump de gérer simultanément deux crises mondiales majeures.

La délégation russe est conduite par Vladimir Medinski, un conseiller de Vladimir Poutine, a fait savoir le Kremlin. Le chef du renseignement militaire russe, Igor Kostioukov, participe également aux ⁠discussions, tandis que l’émissaire spécial Kirill Dmitriev a été chargé d’une réunion de travail distincte sur des questions économiques.

Les négociateurs ukrainiens ont par le passé accusé Vladimir Medinski de vouloir leur asséner des leçons d’histoire pour justifier l’invasion de leur pays par la Russie, ce qui limite les espoirs de percée dans les pourparlers prévus à Genève.

(John ​Revill, avec Olena Harmash, Max Hunder et Youri Kovalenko à Kyiv, Steve Holland à bord d’Air Force One; version française ​Jean Terzian et Bertrand Boucey, édité par Kate Entringer et Tangi Salaün)

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