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Cameroun: le MRC et le PURS dénoncent la convention Elecam/ONU

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Critiqué par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et le Parti uni pour la rénovation sociale (PURS), Elections Cameroon (Elecam) rejette toute idée de transfert de la gestion des scrutins à une organisation extérieure, dans le cadre d’une convention d’assistance technique de 3 milliards FCFA signée avec l’ONU. « Il est important de préciser qu’au Cameroun, les opérations électorales sont entièrement financées par le Trésor public », a rappelé Enow Abrams Egbe, président du Conseil électoral, organe décisionnel d’Elecam.

Signée le 9 mai à Yaoundé, la convention s’inscrit, selon lui, dans le cadre de l’appui offert par le système des Nations unies à ses États membres, à travers son « expertise électorale avérée ». Elle s’ajoute à d’autres initiatives du même ordre, comme la récente mission de l’Union africaine, présente à Yaoundé du 12 au 17 mai, « pour explorer les possibilités d’une coopération électorale ». Enow Abrams Egbe précise que cette assistance mobilisera six agences onusiennes (dont le PNUD, ONU Femmes et l’Unesco), avec pour objectif de « soutenir le cycle électoral 2025-2027, qui comprend l’élection présidentielle, les élections des conseillers régionaux ainsi que le double scrutin législatif et municipal ».

Cette sortie du président du Conseil électoral survient après une salve de critiques venues du MRC et du PURS. Dans un communiqué publié le 14 mai, le MRC de Maurice Kamto dénonce une initiative risquée, évoquant le spectre de la crise post-électorale ivoirienne de 2010. « Les Africains en général et les Camerounais en particulier ont encore à l’esprit l’ingérence regrettable de l’ONU dans le processus électoral en Côte d’Ivoire en décembre 2010, ingérence qui contribua à accélérer l’une des pires crises post-électorales du XXIe siècle en Afrique, avec à la clé des milliers de morts et la désolation dans de nombreuses familles ivoiriennes », affirme le parti.

Le MRC déplore l’opacité de la convention « qui s’appliquera pourtant lors de la prochaine élection présidentielle dont la période de convocation du corps électoral débutera dans quelques semaines ». Jugeant la démarche « inconvenante », le parti note que « plusieurs jours après la signature, ni les responsables d’Elecam ni ceux de l’ONU n’ont jugé nécessaire de communiquer officiellement sur cet événement.

Le PURS, dirigé par Serge Espoir Matomba, s’aligne sur cette position. Dans un communiqué du 16 mai, il « dénonce vigoureusement l’ingérence des Nations unies dans le processus électoral camerounais » et s’inquiète d’une atteinte à la souveraineté nationale. « À l’approche d’un tournant politique décisif, cette intervention étrangère remet en cause la souveraineté nationale et ravive les craintes d’une mainmise extérieure sur notre démocratie », écrit le parti. Il s’interroge : « Pourquoi les Nations unies, qui n’ont jamais résolu de crise électorale, interviennent-elles ici et maintenant ? », alors qu’elles sont absentes « dans les grandes puissances comme la France ou les États-Unis ». « Comment comprendre qu’au 21e siècle, un pays souverain accepte encore une telle tutelle étrangère ? », s’indigne encore le PURS, qui appelle à bâtir « un système électoral camerounais, répondant aux intérêts et respectant la volonté du peuple camerounais ».

En dépit de ces contestations, Enow Abrams Egbe assume pleinement la démarche. Signataire de la convention aux côtés d’Issa Sanogo, coordonnateur résident du système des Nations unies au Cameroun, il appelle les partis membres des commissions mixtes d’Elecam à « s’impliquer davantage dans la mise en œuvre du cycle électoral 2025-2027 »

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