GB-Le gouvernement renonce à relever l’impôt sur le revenu, tensions sur les marchés
LONDRES (Reuters) – La Grande-Bretagne a renoncé vendredi au relèvement de l’impôt sur le revenu prévu dans le budget de la nation qui doit être présenté le 26 novembre, un revirement spectaculaire qui a provoqué des tensions sur le marché obligataire, une baisse de la livre sterling et un repli des actions en Bourse.
Selon une source, qui confirme des informations rapportées en premier par le Financial Times, ce renoncement s’explique en partie par une amélioration des prévisions budgétaires, au regard des dernières prévisions publiées par l’Office for Budget Responsibility (OBR), l’agence gouvernementale en charge du budget.
La ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, expliquait pourtant, dans une déclaration faite le 4 novembre, qu’elle ferait les choix « nécessaires » pour réduire la dette et que tout le monde devra y contribuer, laissant augurer des hausses d’impôts.
D’après le Financial Times, Rachel Reeves explore désormais des alternatives pour combler un trou dans le budget estimé à 30 milliards de livres afin d’atteindre ses objectifs.
Une source au fait du dossier a déclaré qu’aucune décision définitive n’avait été prise et qu’il restait encore d’autres prévisions de l’OBR à étudier, ce qui pourrait encore modifier les calculs pour le budget.
Sollicité, un porte-parole du Trésor britannique a refusé de s’exprimer sur la politique budgétaire.
« La chancelière (de l’Echiquier) présentera un budget qui fera les bons choix pour construire des fondations solides afin d’assurer l’avenir de la Grande-Bretagne », s’est-il contenté de déclarer.
TENSIONS SUR LE GILT
Sur les marchés financiers, les rendements souverains britanniques longs se sont tendus, le Gilt à 20 ans et à 30 ans prenant respectivement 10,8 points de base (pb), à 5,216%, et 11,1 pb, à 5,344%, vers 12h50 GMT. Ces deux maturités de la dette sont en passe d’enregistrer leur plus forte hausse depuis le 2 juillet, date à laquelle des rumeurs d’une démission de Rachel Reeves avaient circulé, lorsque celle-ci était apparue en larmes au Parlement.
Parallèlement, la livre sterling recule de 0,32%, à 1,3146 dollar, tandis que l’indice FTSE à la Bourse de Londres cède 2%, à 9.611,83 points.
Au moment de sa prise de fonctions, Rachel Reeves s’était engagée à rétablir les finances publiques et à se donner une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour résister aux turbulences de l’économie mondiale.
Ces dernières semaines, les investisseurs ont été rassurés par les signaux envoyés par Rachel Reeves, selon lesquels elle était prête à prendre des mesures drastiques pour équilibrer le budget de l’État d’ici 2029/2030, en excluant les dépenses d’investissement. Cela a contribué à la baisse des rendements des obligations d’État, qui évoluent dans le sens inverse de leurs prix.
Avant le revirement du gouvernement, les investisseurs avaient souligné avoir davantage confiance dans les prévisions de recettes basées sur des hausses d’impôts sur le revenu, plutôt que sur une mosaïque de petites taxes qui peuvent être facilement contournées.
« PATCHWORK INCOHÉRENT »
Pour l’économiste Kallum Pickering de Peel Hunt, Rachel Reeves devrait opter probablement pour un « patchwork incohérent de petites augmentations d’impôts ».
« Le résultat serait mauvais », a-t-il prévenu, ajoutant que « cela ajouterait à l’incertitude, nuirait davantage à la crédibilité déjà ternie du gouvernement et compliquerait toute décision de la Banque d’Angleterre ( BoE) de compenser éventuellement les hausses d’impôts par des baisses de taux ».
Rachel Reeves pourrait aussi décider d’abaisser le seuil à partir duquel le contribuable est assujetti à l’impôt sur le revenu afin d’accroître les recettes.
Une telle mesure pourrait rapporter beaucoup d’argent au Trésor, même si elle pénaliserait de manière disproportionnée les salariés les moins bien payés, a expliqué à la BBC Paul Johnson, ancien directeur du groupe de réflexion Institute of Fiscal Studies.
L’Institut national de recherche économique et sociale, un groupe de réflexion de premier plan, estime pour sa part que Rachel Reeves devra procéder à d’importantes augmentations d’impôts pour éviter que ne se reproduise un scénario à la Liz Truss. Cette dernière, Première ministre depuis seulement 44 jours, avait été contrainte à la démission en octobre 2022 après la présentation d’un budget décrié par les marchés.
Rachel Reeves et le Premier ministre Keir Starmer ont déclaré avant les élections de l’an dernier qu’ils n’augmenteraient pas les impôts des « travailleurs », notamment l’impôt sur le revenu, les cotisations sociales et la taxe sur la valeur ajoutée.
Cet engagement visait à rassurer les électeurs en leur montrant qu’un gouvernement travailliste n’aurait pas recours à des positions idéologiques en termes d’imposition et de dépenses.
Mais lors de la présentation du premier budget du nouveau gouvernement travailliste, il y a un an, l’exécutif avait décidé de lever 40 milliards de livres (45,25 milliards d’euros) pour investir dans les infrastructures nationales et améliorer les services publics, principalement en augmentant les prélèvements sur les entreprises. Les perspectives économiques se sont encore détériorées depuis.
(Mrinmay Dey à Bangalore; Alistair Smout et Andrew MacAskill à Londres; avec la contribution de Harshita Meenaktshi, Andy Bruce, William Schomberg et David Milliken; rédigé par Kate Holton; version française Jean Terzian et Claude Chendjou; édité par Blandine Hénault)
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