Canada: La BoC opte pour le statu quo sur ses taux mais n’exclut pas une baisse dans le futur
par Promit Mukherjee et David Ljunggren
OTTAWA (Reuters) – La Banque du Canada (BoC) a maintenu mercredi son principal taux directeur à 2,75%, soulignant la nécessité d’étudier les effets de la politique commerciale américaine, tout en indiquant qu’une nouvelle baisse des coûts d’emprunt pourrait être justifiée en cas d’affaiblissement de l’économie.
C’est la deuxième fois consécutive que la banque centrale opte pour le statu quo sur les taux après un cycle de réduction agressif qui a permis de réduire les coûts d’emprunt de 225 points de base en neuf mois.
« Le conflit commercial initié par les Etats-Unis reste le principal obstacle à l’économie canadienne », a déclaré le gouverneur la BoC, Tiff Macklem, lors de la conférence de presse qui a suivi la décision de la banque.
Selon Tiff Macklem, la politique commerciale des Etats-Unis est très imprévisible.
« Il y a eu un consensus net pour maintenir la politique (monétaire) inchangée le temps d’obtenir davantage d’informations », a-t-il déclaré.
De nouveaux droits de douane américains imposés sur la plupart des importations d’acier et d’aluminium sont entrés en vigueur ce mercredi.
La BoC dit désormais évaluer la pression à la hausse sur l’inflation liée à l’augmentation des prix et la pression à la baisse imputée à la faiblesse de la croissance.
Tiff Macklem a souligné que l’économie canadienne s’était affaiblie, mais pas fortement, tout en notant que l’inflation sous-jacente pourrait être plus forte qu’initialement prévue par la banque.
« Dans l’ensemble, les membres pensent qu’il pourrait être nécessaire de réduire le taux directeur si l’économie s’affaiblit face aux droits douaniers américains et à l’incertitude, et si les pressions exercées par les coûts sur l’inflation sont contenues », a-t-il déclaré.
Le taux d’inflation annuel au Canada est tombé à 1,7% en avril en raison d’une baisse des prix de l’énergie, mais les mesures de l’inflation dite de base, un indicateur particulièrement suivi, sont ressorties au-dessus de la fourchette cible de la banque au cours du même mois.
« La hausse de l’inflation de base peut être partiellement attribuée à l’augmentation des prix des biens, notamment dans l’alimentation, et peut refléter les effets liés à la perturbation des échanges commerciaux », a déclaré Tiff Macklem.
Les économistes interrogés par Reuters avaient prédit que la banque centrale du Canada opterait très probablement pour le statu quo sur ses taux directeurs ce mois-ci, afin d’éviter une hausse de l’inflation.
(version française Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
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