L’Opep+ annonce de nouvelles baisses de production d’ici fin 2023
par Maha El Dahan et Ahmed Rasheed
DUBAI (Reuters) – L’Arabie saoudite, la Russie et les autres producteurs de pétrole réunis au sein de l’Opep+ ont annoncé dimanche de nouvelles baisses de production, pour un volume total d’environ 1,16 million de barils par jour (bpj), une décision surprise destinée selon eux à maintenir la stabilité du marché pétrolier.
Cette initiative intervient à la veille d’une réunion ministérielle virtuelle de l’organisation, dont on s’attendait à ce qu’elle maintienne son objectif de baisse de réduction à 2 millions de bpj jusqu’à la fin de l’année.
Les cours du brut sont descendus le mois dernier autour de 70 dollars le baril, leur plus bas niveau en quinze mois, en raison des inquiétudes sur la demande de pétrole liées aux turbulences dans le secteur bancaire.
Plusieurs sources ne pensaient pas cependant que l’Opep+ s’engagerait en faveur d’une nouvelle baisse de l’offre, d’autant que les prix du baril sont remontés à quelque 80 dollars.
Les dernières annonces en date pourraient provoquer une hausse de 10 dollars du prix du baril, a estimé dimanche le directeur de la société d’investissement Pickering Energy Partners.
Elles portent à 3,66 millions de bpj le volume total de la réduction de production de l’Opep+, selon les calculs de Reuters, soit 3,7% de la demande mondiale.
« L’Opep prend des mesures préventives pour parer à toute éventuelle baisse de la demande », a jugé dimanche Amrita Sen, fondatrice et directrice du cabinet d’analyse Energy Aspects.
L’Opep+ s’est accordée en octobre dernier sur une baisse de 2 millions de bpj de sa production, la diminution la plus importante depuis la pandémie de COVID-19, valable de novembre 2022 à fin 2023, malgré la pression des Etats-Unis pour une augmentation de l’offre.
Les baisses de pompage supplémentaires entreront en vigueur le mois prochain.
L’Arabie saoudite baissera sa production de 500.000 bpj supplémentaires, l’Irak de 211.000 bpj, les Emirats arabes unis de 144.000 bpj, le Koweït de 128.000 bpj, le Kazakhstan de 78.000 bpj, Oman de 40.000 bpj, l’Algérie de 48.000 bpj.
La Russie a quant à elle annoncé, par la voix de son vice-Premier ministre Alexandre Novak, la prolongation jusqu’à la fin de l’année d’une réduction de 500.000 bpj de sa production, mise en oeuvre unilatéralement en février dernier après l’instauration de sanctions occidentales visant à plafonner les prix de son pétrole.
(Version française Jean-Stéphane Brosse)
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