En Normandie, le nucléaire veut accélérer la formation de ses soudeurs
par Benjamin Mallet
LA HAGUE (Manche) (Reuters) – La filière nucléaire veut accélérer la formation de ses futurs soudeurs les plus qualifiés pour pouvoir concrétiser ses projets de prolongation du parc de centrales d’EDF et construire de nouveaux réacteurs, ont déclaré mercredi des responsables de la haute école de formation en soudage (Héfaïs), qui vient d’ouvrir ses portes en Normandie.
Le manque de soudeurs, identifié comme l’une des causes des nombreux retards et surcoûts de l’EPR de Flamanville (Manche), constitue l’un des grands défis que la filière nucléaire va devoir relever au cours des prochaines années.
Symbole de ses besoins en matière de formation et de recrutement, EDF a dû faire appel à des soudeurs et des tuyauteurs nord-américains ces derniers mois pour procéder aux réparations de certains réacteurs affectés par des problèmes de corrosion.
Actuellement, cinq à sept ans sont nécessaires pour former les soudeurs les plus qualifiés qui seront amenés à travailler dans les centrales nucléaires, des délais jugés incompatibles avec la réalisation des projets de la filière, dont la construction de six EPR2 annoncée par Emmanuel Macron début 2022.
« Au regard des projets industriels qu’on a en cours et qu’on aura demain, il faut être inventifs et (…) réduire ces délais d’acquisition en termes de compétences », a déclaré à des journalistes Corentin Lelièvre, le directeur d’Héfaïs, lors d’une présentation de l’école.
Selon David Le Hir, président d’Héfaïs et directeur de Flamanville 1 et 2, « il y a urgence parce que nous sommes sur des projets industriels majeurs dans les prochaines années ». Au total, EDF estime que la filière nucléaire française devra faire appel à plus de 1.000 soudeurs en 2030, soit deux fois plus qu’aujourd’hui.
Dans ses locaux provisoires situés à La Hague, en attendant un site définitif plus grand prévu l’an prochain, Héfaïs dispose de répliques de zones de centrales nucléaires, dans des boxes de quelques mètres carrés, qui permettent aux soudeurs de s’habituer à des espaces exigus et de s’exercer sur des tuyauteries semblables à celles sur lesquelles ils devront intervenir plus tard.
« DÉPOUSSIÉRER L’IMAGE DU SOUDEUR »
« On va accélérer l’employabilité des soudeurs (…). On sait qu’en apprenant au plus près des conditions du réel, en utilisant ces maquettes-là, on va réduire le délai d’apprentissage », a indiqué Corentin Lelièvre.
L’école propose également à ses élèves le matériel le plus récent, en particulier des simulateurs grâce auxquels, équipés de casques de réalité virtuelle, ils répètent leurs gestes techniques. « Le simulateur nous permet de gagner 20% de durée d’acquisition en termes d’apprentissage », a expliqué le directeur d’Héfaïs.
Afin de développer des compétences de base, l’école a aussi mis en place des formations de neuf mois, conçues notamment pour les demandeurs d’emplois et des personnes en reconversion professionnelle, qui leur permettent de travailler ensuite au sein des centrales nucléaires.
Héfaïs a formé 40 soudeurs cette année et en prévoit 200 par an, dont 60 demandeurs d’emploi, à partir de 2023. Environ les deux tiers des nouveaux diplômés partent travailler dans le nucléaire et le tiers restant dans la filière navale, qui va notamment construire à Cherbourg la nouvelle génération de sous-marins nucléaires français (SNLE 3G).
« On peut faire carrière dans le soudage, c’est un vrai métier d’avenir. On s’appuie sur l’ensemble des acteurs de l’emploi pour valoriser ce métier, redorer l’image du métier du soudage, dépoussiérer l’image un peu ancestrale du soudeur », selon Corentin Lelièvre.
Partant du constat qu’environ 7.000 offres d’emplois de soudeurs sont aujourd’hui recensées en France, le directeur d’Héfaïs estime que près de 95% des étudiants trouvent du travail à la sortie de leur formation.
Il ajoute ne pas avoir de difficultés à trouver des candidats, mais souligne que le manque de soudeurs ne s’est pas traduit à ce stade par une hausse des rémunérations, avec un salaire brut qu’il estime à environ 1.800 euros par mois en sortie de formation.
Héfaïs, cofinancée par EDF, Orano, Naval Group et les Constructions mécaniques de Normandie au côté des collectivités locales, a ouvert ses portes au mois d’octobre. L’école, nommée ainsi en référence à Héphaïstos, le dieu grec de la métallurgie, représente un investissement de quelque 10 millions d’euros.
(Edité par Kate Entringer)
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