L’Allemagne sceptique sur l’avenir de la mission de formation au Mali
BRUXELLES (Reuters) – La ministre allemande de la Défense a fait part jeudi de son scepticisme quant à la poursuite de la mission de formation de l’armée malienne par l’Union européenne (EUTM), à laquelle participe l’Allemagne, après la décision de la France de retirer du Mali ses forces engagées dans la lutte contre les groupes islamistes armés au Sahel.
La mission de maintien de la paix de l’Onu au Mali (Minusma) va pour sa part devoir être réexaminée, a ajouté Christine Lambrecht à son arrivée pour la deuxième journée de discussions entre ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles.
« Je dois dire que je suis très sceptique sur la question de savoir si le mandat de l’EUTM sera prolongé », a-t-elle déclaré. Le mandat actuel de cette mission expire en 2024.
Christine Lambrecht a notamment jugé que le report à 2025, par la junte militaire désormais au pouvoir à Bamako, des élections prévues fin février posait problème.
Jugeant que la coopération avec cette junte était devenue impossible, la France et ses partenaires de la force Takuba, dont l’Allemagne ne fait pas partie, ont annoncé jeudi leur retrait militaire du Mali.
Cette décision soulève des questions sur l’avenir de la Minusma, qui compte plus de 14.000 militaires et policiers sur place, et des missions civiles et militaires de l’UE au Mali, qui bénéficient de l’appui médical et aérien de l’armée française, ainsi que de ses capacités d’intervention rapide si nécessaire.
L’Allemagne pourrait « relativement facilement et sans complications » se substituer à la France en ce qui concerne l’hôpital militaire, a dit Christine Lambrecht, mais le déploiement d’hélicoptères de combat pour protéger les missions internationales signifierait un changement de mandat complet nécessitant l’aval du Bundestag.
L’armée allemande compte un millier de soldats déployés au Mali dans le cadre de la Minusma et environ 300 autres au sein de l’EUTM.
(Reportage Paul Carrel, version française Bertrand Boucey, édité par Nicolas Delame)
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