Il dit : Laisse-moi aller, car l’aurore se lève. Et Jacob répondit : Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. Genèse 32,26
Il dit :« Laisse-moi aller, car l’aurore se lève. » Et Jacob répondit : « Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. » Genèse 32,26 Commentaires de la Bible Annotée interlinéaire.
Lutte de Jacob avec Dieu
Jacob a maintenant fait tout ce qui était en son pouvoir pour se mettre à l’abri du danger qui le menace. Il a préparé son frère par un message plein de soumission ; il a cherché à attendrir son cœur par une série d’offrandes qui sont des hommages ; il a divisé ses troupeaux et ses serviteurs en deux parts, dont l’une au moins a chance d’échapper ; il a même prié.
Et pourtant l’angoisse étreint encore son cœur ; la pensée du massacre qui le menace, lui et les siens, ne le quitte point. Il a tout fait, et cependant il sent que rien n’est fait tant qu’il n’est pas certain d’avoir Dieu de son côté. Resté seul dans l’obscurité de la nuit, il cherche la face de Celui dont le secours lui est indispensable.
Mais voici qu’à ce moment un inconnu se trouve devant lui, et au lieu d’un allié, c’est un adversaire. La suite seulement montre à Jacob lui-même à qui il a affaire. Cette apparition divine est du même genre que celle qui est racontée Josué 5.13 à 6.5 où l’Éternel se présente à Josué sous la forme d’un homme tenant une épée nue en sa main.
Lutta avec lui. Le mot très rare employé ici (jéabek) est choisi pour établir un rapprochement entre ce fait et le nom du torrent au bord duquel il a lieu, le Jabbok.
On pourrait supposer qu’il s’agit ici d’une simple vision, et non d’une apparition réelle ; mais le verset 31, qui nous montre l’effet physique de cette lutte sur Jacob, ne permet pas cette interprétation purement spirituelle. Mais d’autre part, une lutte purement corporelle n’aurait pu amener chez Jacob le renouvellement moral profond qu’indique le changement de son nom (verset 28).
Il faut donc admettre qu’il s’agit d’une lutte essentiellement morale, mais accompagnée d’une lutte corporelle, symbole de la première et qui lui donnait, pour la conscience du patriarche, toute l’intensité d’une complète réalité. Ce moment dans la vie de Jacob ressemble à la lutte de Gethsémané, où l’agonie de Jésus éclate jusque dans sa nature physique.
Il y avait deux hommes en Jacob : d’un côté, le croyant, objet des promesses divines ; de l’autre, l’homme naturel, rusé et trompeur. Dieu, tout en voulant sauver et bénir le premier, voulait faire périr le second. De cette lutte terrible devait sortir un Jacob purifié, un Israël, ne connaissant plus d’autre force que celle de Dieu.
Le récit sacré avait raconté les fautes de Jacob sans les signaler comme telles, si ce n’est pourtant par les conséquences douloureuses qu’elles avaient entraînées. Mais maintenant le jugement de Dieu pénètre enfin jusque tout au fond. À la conscience de Jacob se rappellent ces vieilles fautes qui l’ont forcé à fuir la maison paternelle et la Terre promise dans laquelle il rentre en ce moment. Ces péchés lui paraissaient oubliés ; ils se dressent maintenant devant lui dans toute leur horreur : son égoïsme et sa dureté envers son frère ; sa lâche tromperie envers son vieux père aveugle.
Sans doute il peut en appeler aux directions de sa mère, à la nécessité où il se trouvait de ne pas laisser échouer les promesses divines. Mais l’inconnu, dont les bras nerveux le tiennent embrassé et cherchent à le terrasser, réduit à néant l’une après l’autre toutes ses excuses. Enfin il lui fait comprendre tout ce que sa conduite chez Laban a eu de vil et comment elle l’a rendu indigne d’être plus longtemps le dépositaire des promesses d’un Dieu saint.
Et voilà à quoi ont abouti toutes ses tromperies : à l’amener à ce moment terrible où il se voit livré à l’épée d’un frère justement en colère, vis-à-vis duquel aucune résistance n’est possible, et où il ne peut se reposer sur Dieu, dont il a perdu l’appui.
Ainsi se passent les heures de cette longue nuit, sans que l’un des deux adversaires ne renonce à défendre sa cause.
Mystère plus grand que tout ce qui précède ! Tel que nous révèle le verset 28, ce n’est plus Jacob qui prie, c’est son adversaire lui-même. Il ne peut en quelque sorte se dégager des bras de ce suppliant désespéré, auquel il s’est lui-même livré en s’approchant de lui comme il l’a fait.
Jacob use du pouvoir qui lui a été accordé de serrer dans ses bras un pareil être, et prononce cette parole, qui serait le comble de la folie de la part d’un homme, si elle n’était le suprême héroïsme de la foi : Je ne te laisserai point aller !
Ce moment rappelle celui où dans le récit évangélique, la femme cananéenne, s’agenouillant aux pieds de Jésus, lui barre le chemin en lui disant en quelque sorte : Passe sur moi, ou exauce-moi !
Que tu ne m’aies béni. Voilà ce qu’il lui faut désormais, pour cette journée en particulier ; c’est de cette bénédiction que tout dépend. Il le comprend maintenant. Cela montre le changement radical qui vient de se produire en lui.
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