États Unis: Trump intensifie la guerre commerciale, la Chine et l’UE promettent de riposter
par Andrea Shalal et David Lawder
WASHINGTON (Reuters) – Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi des droits de douane d’au moins 10% sur toutes les importations aux Etats-Unis, avec des taux plus élevés pour des dizaines de pays faisant partie des principaux partenaires commerciaux de Washington, intensifiant une guerre commerciale qu’il mène depuis son retour à la Maison blanche en janvier.
Cette annonce a provoqué d’importants remous sur les marchés financiers et suscité une condamnation unanime des dirigeants internationaux confrontés à la perspective d’un bouleversement de l’ordre mondial façonné par des décennies de libéralisation du commerce.
Alors que les marchés asiatiques intégraient les annonces, les Bourses de Pékin et Tokyo plongeaient à des records inédits en plusieurs mois alors que les contrats à terme sur les actions américaines et européennes indiquaient également de fortes pertes, les investisseurs se précipitant sur l’or et les obligations.
« C’est notre déclaration d’indépendance », a affirmé le président américain devant un pupitre installé dans la roseraie de la Maison blanche à l’occasion de ce qu’il a appelé le Jour de la Libération (« Liberation Day »).
« Pendant des décennies, notre pays a été volé, pillé, violé et mis à sac par des pays, proches ou lointains, amis ou ennemis », a dit Donald Trump.
Le président américain a dévoilé un tableau listant les droits de douane dits « réciproques » qu’il va mettre en oeuvre, tout en déclarant que ces taxes représentaient en fait la moitié des barrières commerciales et non-commerciales appliquées par les pays concernés.
Dans la liste, notamment: l’Union européenne (UE) et la Chine, visées respectivement par des droits de douane de 20% et de 34% sur leurs produits importés aux Etats-Unis.
Dénonçant un « coup dur » pour l’économie mondiale, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’UE préparait des contre-mesures « pour protéger nos intérêts et nos entreprises si les négociations échouent ».
En France, le président Emmanuel Macron a annoncé une réunion à 16h00 (14h00 GMT) avec les représentants des filières affectées par les mesures tarifaires dévoilées par Donald Trump.
De son côté, la Chine, qui fait désormais face à des droits de douane de 54% – les 34% venant s’ajouter au 20% déjà en vigueur – a demandé aux Etats-Unis de « lever immédiatement les droits de douane unilatéraux » et appelé au dialogue. Pékin « prendra des contre-mesures pour protéger ses droits et ses intérêts », a fait savoir le ministère chinois du Commerce.
Les Etats-Unis vont par ailleurs prélever 10% sur les produits britanniques, 24% sur les produits japonais ou encore 25% sur les produits sud-coréens. Selon les premiers éléments communiqués lors de la cérémonie à la Maison blanche, le taux maximal de 50% concerne le Lesotho.
Donald Trump a aussi confirmé qu’entreraient en vigueur quelques heures plus tard des taxes de 25% sur toutes les automobiles importées aux Etats-Unis.
« RÉCIPROCITÉ GENTILLE »
Un représentant de la Maison blanche a déclaré que les taxes réciproques entreraient en vigueur le 9 avril à 00h01 (04h01 GMT). Une soixantaine de pays figurent dans la liste des « principaux contrevenants », a-t-il ajouté, sous couvert d’anonymat. Les droits de douane dits de base, à hauteur de 10%, seront effectifs samedi à 00h01 (04h01 GMT).
Le Canada et le Mexique, deux des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, font déjà face à des droits de douane de 25% sur la plupart de leurs produits. Ce taux n’a pas été relevé mercredi.
Quelques heures après l’annonce du président républicain, le Sénat américain a adopté un projet de loi qui mettrait fin aux droits de douane visant les importations canadiennes, certains républicains ayant voté en faveur du texte aux côtés des démocrates.
Il semble toutefois peu probable que le projet de loi soit adopté par la Chambre des représentants, à majorité républicaine.
« Nous donnons enfin la priorité aux Américains », a dit Donald Trump, évoquant toutefois « une réciprocité gentille » et non « totale ».
Il a exhorté les dirigeants étrangers à supprimer leurs droits de douane et à acheter des produits américains.
« Les déficits commerciaux ne sont plus seulement un problème économique. Ils constituent une urgence nationale », a ajouté le président américain.
Dans la foulée de son allocution, Donald Trump a signé un décret présidentiel actant ces droits de douane réciproques et a également supprimé les exemptions de toute taxe douanière qui concernaient des produits à bas coût.
Il entend annoncer ultérieurement des droits de douane spécifiques sur les semiconducteurs, sur le secteur pharmaceutique et, potentiellement, sur les minerais critiques, a fait savoir un représentant de la Maison blanche.
SÉISME SUR LES MARCHÉS FINANCIERS
Donald Trump présente cette nouvelle politique commerciale comme une « libération » pour les Etats-Unis, pour ce qu’elle apportera selon lui aux travailleurs et aux produits américains.
Les conseillers du président américain défendent l’idée que ces droits de douane vont permettre de ramener aux Etats-Unis des capacités industrielles considérées comme vitales sur un plan stratégique.
Des économistes indépendants ont prévenu que ces mesures pourraient avoir pour effets de ralentir l’économie mondiale, alimenter le risque d’une récession, et relever fortement le coût de la vie pour la famille américaine moyenne.
Selon Fitch Ratings, le taux effectif de taxe à l’importation aux États-Unis est passé de seulement 2,5% en 2024 à 22% sous Trump, atteignant des niveaux jamais vus depuis 1910.
Sur les marchés financiers, les Bourses asiatiques chutaient, l’indice Nikkei perdant plus de 3% à l’approche de la clôture, tandis que les contrats à terme sur les principaux indices actions préfiguraient un repli de l’ordre de 2% à 3% en Europe et à Wall Street. Valeur refuge par excellence, l’or a touché un record à plus de 3.160 dollars l’once.
En Europe, les principales places boursières ont ouvert en nette baisse jeudi et ont continué leur chute dans la matinée.
À Paris, le CAC 40 se replie de -1,62% à 7731,67 points vers 09h03 GMT. Le Dax à Francfort abandonne -1,32%, tandis que le FTSE à Londres décline de -1,15%.L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perd -1,44%, l’EuroStoxx 50 recule de -1,72% et le Stoxx 600 décline de -1,25%.
Des entreprises et associations industrielles ont exprimé leurs craintes pour leurs opérations et la planification de celles-ci.
À Paris vers 09h03 GMT, le titres du secteur du luxe étaient à la baisse, Kering chutant de 2,30%, Hermès de 2,76% et LVMH de 3,04%, tandis qu’ailleurs en Europe, le suisse Richemont plongeant de 5,87% et les groupes italiens Salvatore Ferragamo (-1,57%) et Moncler (-2,37%) étant également dans le rouge.
La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a prévenu que les ventes de vins et spiritueux français devraient chuter d’au moins 20% aux Etats-Unis après l’annonce des droits de douane dits « réciproques ».
« Cela aura un impact très significatif sur les affaires aux Etats-Unis (…) un impact très significatif sur le consommateur américain », a déclaré le président de la FEVS, Gabriel Picard, à Reuters.
VOIR AUSSI:
ENCADRE-Principales réactions politiques aux droits de douane US « réciproques »
(avec Kanishka Singh et Steve Holland, rédigé par Andy Sullivan et Joseph Ax; version française Benjamin Mallet, Jean Terzian, Camille Raynaud, Blandine Hénault et Zhifan Liu)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
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3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
Dans ce contexte, deux médias chrétiens, qui fonctionnent sans actionnaires milliardaires et sans subvention de l’Etat, offrent une information alternative fiable, en collaboration avec des agences de presse internationales.
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