L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. Psaumes 23:1
Le psalmiste dépend totalement de l’Éternel, comme une brebis dépend de son berger. Il y a ici deux aspects : d’une part la sérénité, se reposer dans de verts pâturages et près des eaux paisibles, suggère un bien-être physique ; d’autre part, la sécurité : un voyage protégé le long des sentiers de la justice suggère un calme personnel et un soulagement moral, car la vigilance protectrice du berger chasse toute anxiété. Ce thème est renforcé dans le sens d’une naïve libération de tout souci et d’un lien d’affection ineffable avec le berger. Ces versets abordent les deux grands problèmes de la vie, l’un largement méconnu, l’autre très poignant.
« L’Eternel est mon berger: je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages, Il me dirige près des eaux paisibles. Il restaure mon âme, Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom. Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi: Ta houlette et ton bâton me rassurent. Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde. Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j’habiterai dans la maison de l’Eternel Jusqu’à la fin de mes jours. » (Psaumes 23 :1–6)
Ce poème doit beaucoup de son charme à l’habile mélange d’images contrastées qui recouvrent la plupart des aspects de la vie humaine : à l’extérieur (versets 1, 2) ; à l’intérieur (verset 6b) ; la paix (verset 2) et le danger (verset 4b) ; le mal possible (verset 4b) et la perspective du bien (verset 5) ; moments où l’âme est fortifiée (verset 3b) et heures d’obscurité menaçante (verset 4a) ; l’expérience d’être suivi et accompagné (verset 1, 2) et de jouir d’une vie très stable (verset 6b). Pourtant, toutes les facettes littéraires de ce joyau lyrique convergent vers l’Éternel dont le soin attentif, la vigilance incessante et la présence constante donnent à la vie toute sa couleur et toute sa satisfaction. En effet, les sept activités de l’Éternel décrites au verset 2-5:
il fait, il dirige, il restaure, il conduit, tu es avec moi, tu dresses une table, tu oins ma tête, sont encadrées par le nom de l’Éternel (premier et dernier mot du poème).
Le concept dominant est celui d’un Dieu qui guide et protège à travers les vicissitudes de la vie. L’image suggestive du berger appliquée à l’Éternel renvoie au temps des bergers patriarcaux (cf. GEN48.15) ; elle a été constamment enrichie depuis (cf. Psaumes 78.52-54 ; Ésaïe 40.11 ; Ézéchiel 34.1-23 ; Jean 10.1-18). Le verset 5 introduit un second concept, celui d’un Dieu hospitalier, d’une générosité sans borne. Cette image de l’invité, surpris par le somptueux festin que lui offre le Seigneur, fait aussi partie intégrante de la vision biblique tout entière, depuis l’image de Joseph, père nourricier de son peuple (Genèse 43.34), jusqu’au miracle des cinq mille rassasiés (Matthieu 14.19) et aux paraboles du grand festin (Luc 14.15-24) et des noces de l’Agneau (Matthieu 22.1-14 et Apocalypse 19.9).
Le premier problème de la vie est celui de la satisfaction, car l’âme du croyant ne devrait jamais perdre de vue la question suivante : comment un Dieu saint peut-il agir avec tant d’amour envers un pécheur tel que moi ?
Ce verset prend la solution aussi loin que la Bible nous permet d’aller. La vie est conduite par le berger dans les sentiers de la justice, sentiers qui sont droits à Ses yeux ; et tout ce qu’Il fait convient à son nom, c’est-à-dire est en harmonie totale avec sa nature telle qu’Il l’a révélée.
Le second problème est celui de la souffrance, soulevé par l’assaut des adversités de la vie.
Ces versets insistent sur le soin avec lequel David reconnaît la libéralité de l’Éternel, hôte parfait. Elle a deux aspects ; la plénitude : ses besoins et sa joie sont comblés à tous points de vue. Le croyant est libre de tout antagonisme humain. Le but final est que la relation avec l’Éternel soit riche et illimitée, ce qui est un privilège tout à fait personnel. Notez le contraste entre l’usage du Tu et celui du il dans la partie précédente.
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