JO 2026/Hockey sur glace: Les Bleues à la découverte des Jeux pour poursuivre leur progression
PARIS, 3 février (Reuters) – L’équipe de France féminine de hockey sur glace jouera jeudi, face au pays hôte italien, le premier match de son histoire aux Jeux olympiques et espère profiter de la caisse de résonance unique des JO pour poursuivre le développement de la discipline en France.
« C’est énorme pour nous. C’est quelque chose dont on a rêvé, dont j’ai rêvé, dont des générations avant moi ont rêvé. De l’avoir fait, c’est exceptionnel », a déclaré la capitaine Lore Baudrit à Reuters. « C’est quelque chose qui va avec de grandes responsabilités, on veut montrer de belles choses, on veut performer. »
L’équipe de France a appris sa qualification en mai dernier à la suite du maintien par le CIO de la suspension des équipes russes en raison de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Trois mois plus tôt, elle avait fait le nécessaire au tournoi de qualification olympique pour être repêchée en tant que meilleure deuxième.
« C’est horrible parce que tu sais que c’est le contexte difficile qui fait que tu vas aux JO », reconnaît Lore Baudrit. « Ce sont des sentiments super bizarres car à la fois des gens meurent tous les jours et en même temps, que la Russie soit sortie est juste. C’est un contexte particulier mais aller aux Jeux olympiques reste une énorme fierté, peu importe les conditions. »
Cette qualification récompense surtout une progression constante au cours de la dernière décennie. Les Françaises ont joué leur premier Mondial élite en 2019 avant de le rejouer quatre ans plus tard (10es et reléguées en deuxième division à chaque fois).
« Elles ont fait tellement d’efforts, elles ont tellement souffert de ce qu’est le sport féminin en France », insiste Pierre-Yves Gerbeau, président de la Fédération française de hockey sur glace, auprès de Reuters. « Je suis super content pour nos athlètes et fier parce que ça fait très longtemps qu’on attendait ça. »
Pierre-Yves Gerbeau, qui assure être à la tête d’une fédération « féministe assumée et déclarée », pointe la création du pôle France féminin en 2008 à Chambéry, avant un déménagement à Cergy-Pontoise en 2019, comme « l’élément moteur ».
« On a donné une priorité à soutenir les femmes et leur programme. La fédération a fait d’énormes efforts financiers et organisationnels pour les internationales », poursuit-il. « Nos femmes vivent très difficilement de leur sport. »
Seules trois joueuses sont professionnelles, indique Lore Baudrit, qui a également créé une cagnotte pour financer sa préparation comme de nombreuses coéquipières. Joueuse d’Ingolstadt, en Bavière, la capitaine tricolore, âgée de 34 ans, travaille en tant que consultante dans une entreprise allemande.
L’année dernière, elle travaillait 40 heures par semaine dans une usine pour Audi. « C’était un quotidien hyper difficile, il fallait tout gérer à la fois : le travail à temps plein, la préparation physique, mon fils, le hockey », se souvient-elle.
MISE EN LUMIÈRE
La médiatisation unique des Jeux olympiques doit permettre de faire passer un cap à la discipline en France, d’autant que les prochains JO d’hiver dans les Alpes françaises en 2030 assurent une deuxième participation consécutive en tant que pays hôte.
« On sait que c’est une mise en lumière pour notre discipline à la fois historique et éphémère. Il faut qu’on puisse l’utiliser le mieux possible », prévient le sélectionneur des Bleues Grégory Tarlé auprès de Reuters.
« On a le devoir de ne pas se rater », résume Pierre-Yves Gerbeau.
Aux Jeux, l’équipe de France figure dans le groupe B avec l’Italie, la Suède, le Japon et l’Allemagne. Les trois dernières ont respectivement terminé sixième, septième et huitième du dernier Mondial auquel la France n’a pas participé.
L’objectif affiché est de rejoindre les quarts de finale, c’est-à-dire terminer aux trois premières places de la poule.
« C’est un objectif très difficile, ambitieux mais réalisable », estime Grégory Tarlé.
« Ce serait extraordinaire pour notre sport », veut croire Pierre-Yves Gerbeau.
Pour cela, une bonne entrée en lice face à l’Italie sera essentielle sur la patinoire de Santa Giulia.
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Kate Entringer)
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