La réforme des retraites « ne pourra être reprise en l’état », dit Macron
PARIS (Reuters) – La réforme des retraites en France, repoussée sine die pour cause d’épidémie de COVID-19, « ne pourra être reprise en l’état », a déclaré jeudi Emmanuel Macron lors d’un déplacement dans le Lot.
« Je ne pense pas que la réforme initialement envisagée puisse être reprise en l’état. Parce que je pense qu’elle était très ambitieuse, extrêmement complexe et du coup porteuse d’inquiétudes », a dit à la presse le chef de l’Etat.
« Le faire maintenant, ce serait ne pas prendre en compte qu’il y a déjà beaucoup de peurs », a-t-il ajouté.
Dès l’été 2020, au moment de la nomination de Jean Castex à la tête du gouvernement en remplacement d’Edouard Philippe, Emmanuel Macron avait estimé dans un entretien à la presse régionale que cette réforme, inscrite dans son programme électoral de 2017, ne saurait être abandonnée mais s’était dit « ouvert à ce qu’elle soit transformée ».
Le projet avait suscité de vastes manifestations à la fin 2019 et au début de l’année 2020, avant d’être suspendu avec l’entrée de la France dans une première période de confinement en raison de la pandémie de COVID-19.
« Par contre, est-ce que nous pouvons ne rien faire sur la retraite dans les mois qui viennent ? », s’est interrogé Emmanuel Macron lors de son déplacement dans le Lot, sans dire s’il remettrait ce projet sur la table avant l’élection présidentielle de 2022.
« Il faut pour cela regarder deux choses : est-ce qu’on a réglé le préalable à tout qui est la question du travail et de la reprise d’activité – je pense que c’est la mère des réformes, pour moi c’est la priorité absolue. Et la deuxième, c’est ensuite de voir comment la solidité de nos finances publiques est assurée dans la période », a poursuivi le président de la République.
« Donc c’est trop tôt pour vour répondre, en tout cas ça ne sera pas la même et rien n’est exclu. »
Pour la CGT et FO, ces propos, loin de rassurer, laissent penser qu’une réforme paramétrique, axée sur l’âge ou la durée de cotisation, pourrait être mise en place avant la fin du quinquennat.
« Nous ne sommes pas sereins », a dit à Reuters Catherine Perret, négociatrice pour la CGT, qui précise que certains de ces éléments pourraient être repris dans le projet de loi autonomie qui doit être voté en septembre prochain ou encore le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale).
« Ce serait une bêtise politique », a réagi pour sa part Michel Beaugas, négociateur pour Force ouvrière. « Si on dit aux gens qu’ils doivent travailler une année de plus, alors qu’on est en pleine crise Covid, ce serait difficile à porter. »
Pour la CFDT, non plus, le moment n’est pas propice à une réforme paramétrique.
« Si Emmanuel Macron génère un conflit social sur les retraites à l’automne alors que les commerçants, ou d’autres, tirent la langue, ce n’est pas judicieux pour lui », a précisé Frédéric Sève, de la CFDT. « On a l’impression qu’il souhaite surtout reprendre le débat pour la campagne présidentielle. »
(Geert de Clercq, avec Caroline Pailliez, édité par Jean-Stéphane Brosse)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


