Le procès du Mediator et des laboratoires Servier
PARIS (Reuters) – Le procès du Mediator et des laboratoires Servier, qui s’ouvre lundi à Paris, sera celui du mensonge, de la tromperie et des liens parfois troubles entre experts, hauts dirigeants du secteur de la santé et industrie pharmaceutique.
L’épilogue judiciaire se profile dans ce scandale sanitaire, l’un plus retentissants de l’histoire contemporaine, dix ans après sa révélation au grand public.
Il faudra cependant attendre la fin des sept mois d’audience au programme – une durée exceptionnelle – et les éventuels recours pour que la justice referme définitivement ce volumineux dossier, aux résonances rappelant les affaires du sang contaminé, du distilbène, de l’amiante ou de la Depakine.
« Le simple fait que ce procès se tienne est déjà une victoire pour les victimes », se félicite Me Charles Joseph-Oudin, qui défend 250 personnes. C’est un « immense soulagement » pour la pneumologue Irène Frachon, médecin au CHU de Brest, dont les études épidémiologiques ont servi de détonateur au scandale.
Durant le procès, magistrats, avocats et parties civiles décortiqueront les propriétés du Mediator, le nom commercial du Benfluorex, un médicament mis sur le marché en 1976 par Servier et prescrit, souvent en guise de coupe-faim, à environ cinq millions de personnes en France, sur une durée de 33 ans.
La molécule est à l’origine de complications pulmonaires et cardiaques, elles-mêmes responsables de la mort de centaines de personnes – jusqu’à 2.000 – selon les experts.
Les laboratoires Servier avaient-ils connaissance des dangers, qu’ils auraient cherché à dissimuler aux autorités ?
C’est la thèse à laquelle sont parvenues les deux juges d’instruction, Emmanuelle Robinson et Claire Thépaut, dans leur ordonnance de renvoi signées de 2017, un document de 677 pages accablant pour le groupe fondé voilà 65 ans par Jacques Servier.
Dès les années 1970, les dirigeants du groupe « ont sciemment caché les propriétés pharmacologiques réelles du médicament Mediator » et ont maintenu cette ligne « coûte que coûte malgré les risques connus à partir de 1995 », écrivent les deux magistrates dans ce document, que Reuters a pu consulter.
« SYSTÈME D’INFLUENCE »
« C’est une accusation que les laboratoires Servier critiquent et contestent fermement », rétorque Me François De Castro, l’un des avocats de la firme.
Cette lecture des événements, « exclusivement à charge », tient d’autant moins, ajoute-t-il, que le Mediator « représentait moins de 1% du chiffre d’affaires » et « qu’il n’avait aucun intérêt stratégique » pour son fabricant.
Le scandale du Mediator, tel que l’ont relaté les deux juges, n’est pas une simple affaire d’escroquerie. Il a aussi levé un coin de voile sur certaines pratiques alors en vigueur dans le secteur et révélé, dans le cas de Servier, un « système d’influence très organisé, diffus et imprégnant toutes les autorités de santé », est-il écrit dans l’ordonnance.
Les laboratoires auraient tissé un réseau visant à s’attirer les bonnes grâces des autorités sanitaires afin de maintenir un produit sur le marché en dépit des alertes.Ce volet de l’affaire explique la présence l’ANSM (Agence de sécurité du médicament), en tant que personne morale, sur le banc des prévenus.
« L’Afssaps (…) se trouve à l’heure actuelle structurellement et culturellement dans une situation de conflit d’intérêt », fustigeait l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) dans un rapport datant de janvier 2011.
Depuis, la législation a changé et l’agence a subi une mue profonde au point de changer de nom et de gouvernance.
Pour autant, « la culture du conflit d’intérêts reste malheureusement trop répandue » aux yeux d’Irène Frachon, qui prévoit de prendre des congés spécialement pour assister à l’essentiel du procès. Dans un communiqué publié jeudi, l’ANSM promet « la transparence la plus totale » durant les débats.
(Edité par Sophie Louet)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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