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Macron-Le Pen, une réédition du duel de 2017 pour l’Elysée

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Le président sortant Emmanuel Macron contre la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen : telle est, comme en 2017, l’affiche du second tour de l’élection présidentielle en France, selon les résultats partiels diffusés dimanche soir.

Une réédition du scénario de la précédente présidentielle confirmée après dépouillement de 70% des suffrages exprimés.

Au terme d’une journée de vote où un quart des Français ne se sont pas déplacés (24,87% d’abstention selon le ministère de l’Intérieur), Emmanuel Macron est crédité de 27,07% des suffrages. La candidate du RN, qui brigue l’Elysée pour la troisième fois, est à 26,65%, ce qui lui permet d’aborder le second tour du 24 avril sous de meilleurs auspices qu’en 2017.

« Rien n’est joué et le combat que nous mènerons dans les 15 prochains jours sera décisif pour la France et pour l’Europe », a dit Emmanuel Macron devant ses partisans qui l’ont acclamé en réclamant « Cinq ans de plus ».

Le chef de l’Etat sortant, 44 ans, a dit « tendre la main à tous ceux qui veulent travailler pour la France » afin de rassembler autour de lui toutes les sensibilités, plaidant pour « un grand mouvement politique d’unité et d’action ».

L’ambiance était aux réjouissances aussi chez les partisans de la fille de Jean-Marie Le Pen, 53 ans, qui a invité « tous les Français de toutes sensibilités » à la « rejoindre » au second tour « pour mettre en oeuvre la grande alternance dont la France a besoin ». « On va gagner », lui a répondu l’assistance.

Une estimation de l’Ifop en vue du scrutin du 24 avril donne le président gagnant d’une courte tête avec 51% des voix contre 49% pour Marine Le Pen. OpinionWay et Ipsos annoncent pour leur part 54% en faveur d’Emmanuel Macron et 46% pour son adversaire. Il y a cinq ans, Emmanuel Macron l’avait emporté avec 66,10%.

La bataille s’annonce sans merci entre les deux finalistes, qui devraient notamment s’affronter lors d’un débat télévisé – ce qu’Emmanuel Macron avait refusé avant le premier tour. L’entourage du président-candidat a annoncé qu’il se rendrait dès lundi dans les Hauts-de-France, fief politique du camp Le Pen.

TROISIÈME, MÉLENCHON RATE SON PARI

Pour sa troisième et dernière tentative, le candidat de l’Union populaire, Jean-Luc Mélenchon, rate son pari et finit troisième à 19,01% (contre 19,58% en 2017), toujours selon des résultats partiels officiels.

Le chef de file de La France insoumise (LFI), qui réalise de bons scores chez les jeunes électeurs, avait déclaré avant le premier tour qu’il consulterait les quelque 310.000 électeurs l’ayant investi lors d’une consultation en ligne avant de donner une consigne de vote.

Il s’est affranchi de cet engagement dimanche soir, estimant que « la lutte continue ».

« Nous savons pour qui nous ne voterons jamais », a-t-il lancé devant ses soutiens avant de répéter à plusieurs reprises : « Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen ».

L’essayiste d’extrême droite Eric Zemmour, candidat de « Reconquête! » qui entendait « unir les droites », arrive en quatrième position avec 6,85% des voix, un score bien en-deçà de ses ambitions.

Le chantre du « grand remplacement » dont le programme insiste sur la lutte contre l’immigration a appelé à voter pour Marine Le Pen, qui avait pour sa part mis l’accent, dans sa campagne, sur le pouvoir d’achat. L’ancien journaliste qui a fait irruption dans le paysage politique à l’automne dernier a récemment dit son intention d’être candidat aux élections législatives des 12 et 19 juin.

CLAQUE HISTORIQUE POUR LR

Eric Zemmour se place devant la candidate des Républicains Valérie Pécresse, qui n’obtient que 4,69% des suffrages, selon les résultats partiels, une claque historique pour la droite républicaine.

« J’assume en responsabilité toute ma part dans cette défaite », a déclaré l’ancienne ministre. « Je voterai en conscience Emmanuel Macron pour empêcher l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et le chaos qui en résulterait », a-t-elle ajouté.

Signe des divisions internes qui ont handicapé la candidate, le député LR Eric Ciotti, finaliste de la primaire LR, a fait savoir qu’il ne voterait pas pour le président sortant.

Les Républicains doivent se retrouvent lundi en comité stratégique pour tirer les leçons de ce premier tour calamiteux. Déjà ébranlé par la défaite de François Fillon en 2017 (troisième du premier tour avec 20,01% des voix au terme d’une campagne marquée par les affaires), le parti de l’ex-président Nicolas Sarkozy doit désormais se poser la question de sa survie.

Tout comme le Parti socialiste, déjà fragilisé par la contre-performance de Benoît Hamon en 2017, qui s’effondre à moins de 2% (1,76%) avec la candidature de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui a appelé à « utiliser » le bulletin Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à l’extrême droite.

L’écologiste Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts, EELV) essuie lui aussi un revers en terminant sous la barre des 5% (4,18%) nécessaire au remboursement des frais de campagne.

Il a appelé à utiliser le « bulletin Emmanuel Macron » pour faire barrage à Marine Le Pen, tout comme le candidat communiste Fabien Roussel, crédité de 2,41% des voix. « Je ne permettrai jamais que Madame Le Pen prenne le pouvoir », a-t-il dit.

Outre Eric Zemmour, Marine Le Pen peut aussi compter sur le soutien du candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, crédité de 2,28% des suffrages. « J’appelle les Français à tout faire pour faire barrage à #Macron », a-t-il écrit sur Twitter.

(Rédigé par Elizabeth Pineau, Myriam Rivet, Nicolas Delame, édité par Jean-Michel Bélot et Sophie Louet)

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