Nicolas Sarkozy condamné à un an de prison pour financement illégal de campagne
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi Nicolas Sarkozy à un an de prison ferme pour financement illégal de sa campagne électorale de 2012, dans le cadre de l’affaire dite « Bygmalion », une décision contre laquelle l’ancien président de la République a décidé de faire appel.
La peine est supérieure aux réquisitions du parquet qui avait demandé un an de prison, dont six mois avec sursis. Elle sera néanmoins aménageable en détention à domicile sous surveillance électronique.
Nicolas Sarkozy, qui n’était pas présent lors du délibéré, avait nié en juin lors de son procès toute « intention de fraude » et réfuté avoir eu connaissance d’un montage de fausses factures aux fins de financer sa campagne présidentielle de 2012 pour quelque 42,8 millions d’euros, près du double du plafond autorisé par la loi.
Mais la présidente du tribunal, Caroline Viguier, a estimé que l’ancien président avait été averti du dépassement du plafond légal et avait continué en toute connaissance de cause à organiser des meetings électoraux.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il ferait appel.
« Je demande simplement que le droit soit appliqué pour moi comme pour n’importe quel autre justiciable. Or celui-ci a été une nouvelle fois bafoué par la méconnaissance des décisions du Conseil constitutionnel », écrit-il. « On ne peut pas être sanctionné deux fois pour les mêmes faits. C’est la raison pour laquelle j’ai interjeté appel afin que la cour dise le droit. J’irai jusqu’au bout dans cette quête (…). »
DES LOURDES CONDAMNATIONS
Treize autres prévenus – anciens cadres de l’agence de communication Bygmalion et de l’UMP, experts-comptables – étaient poursuivis pour « faux », « usage de faux », « abus de confiance » ou « escroquerie », des délits passibles de trois à cinq ans de prison et 375.000 euros d’amende.
Guillaume Lambert, qui fut le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, a été condamné pour escroquerie et complicité de financement illégal de campagne électorale à trois ans et six mois de prison dont deux ans avec sursis.
Pour les mêmes charges, Philippe Briand, ex-président de l’association de financement de la campagne, a écopé de deux ans de prison dont un an avec sursis.
Les deux hommes ont participé à toutes les réunions hebdomadaires qui ont permis de mettre en place à partir de mars 2012 le processus frauduleux et de le valider collectivement, a estimé la présidente du tribunal.
Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de 2012, a pour sa part été reconnu coupable d’abus de confiance, de complicité d’escroquerie et de financement illégal de campagne électorale et condamné à trois ans de prison dont un an avec sursis. Il a aussi écopé d’une peine d’inégibilité de trois ans.
« Pour l’instant, mon état d’esprit est de ne pas faire appel. J’en ai marre », a-t-il réagi à la sortie de la salle d’audience, se félicitant toutefois que le tribunal ait reconnu qu’il n’y avait pas eu détournement d’argent.
De son côté, Franck Attal, responsable de la société d’Event & Cie chargée de l’organisation des meetings, a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, et à une amende de 100.000 euros pour complicité de faux, d’usage de faux, d’escroquerie et de financement illégal de campagne électorale.
(Reportage Tangi Salaün et Noémie Olive, rédigé par Jean-Stéphane Brosse et Blandine Hénault, édité par Sophie Louet et Bertrand Boucey)
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