Le G7 met en garde la Russie sur l’Ukraine
La Russie aura à subir des « conséquences massives et un coût sévère » en cas d’agression militaire de l’Ukraine, ont déclaré dimanche les pays du G7.
Les services de renseignement américains estiment que la Russie pourrait être en train de préparer une offensive sur plusieurs fronts dès l’année prochaine contre l’Ukraine à l’aide de 175.000 soldats.
La Russie dément préparer la moindre invasion de l’Ukraine et accuse les pays occidentaux de nourrir une hostilité faite de préjugés à son encontre. Elle affirme pour sa part que l’extension de l’Otan la menace et enfreint les engagements qui lui ont été donnés après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991.
Réunis à Liverpool, dans le nord de l’Angleterre, les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont dit condamner de manière unanime le renforcement de la présence militaire russe à la frontière avec l’Ukraine et appelé Moscou à contribuer à apaiser la situation.
« Tout recours à la force pour modifier les frontières est strictement interdit par le droit international », déclarent-ils dans le communiqué publié à l’issue de leur réunion. « La Russie ne devrait avoir aucun doute que toute nouvelle agression militaire contre l’Ukraine aurait des conséquences massives et un coût sévère en réponse. »
« Nous réaffirmons notre soutien sans faille à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, ainsi qu’au droit de tout Etat souverain à déterminer son propre avenir », ajoutent-ils, en saluant « l’attitude de retenue » de l’Ukraine.
LIGNE ROUGE
Dans un communiqué publié samedi soir avant cette déclaration du G7, l’ambassade de Russie en Grande-Bretagne a jugé que l’usage fréquent de la formule « agression russe » durant cette réunion de Liverpool était trompeuse et visait uniquement pour les Britanniques à créer une unité au sein du G7.
« La Russie a soumis de nombreuses propositions à l’Otan sur les moyens d’apaiser les tensions. Le forum du G7 pourrait être une occasion d’en discuter mais nous n’avons entendu jusqu’à présent rien d’autre que des slogans agressifs », a déclaré l’ambassade.
La Russie a annexé la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014, parallèlement à un soulèvement de combattants prorusses dans l’est de l’Ukraine. Des accords signés à Minsk n’ont pas permis de résoudre ce conflit dans l’est de l’Ukraine et les discussions menées entre les deux pays avec la France et l’Allemagne se sont enlisées.
Le président russe Vladimir Poutine qualifie de « ligne rouge » une éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Otan. Il réclame à l’Alliance atlantique des garanties juridiquement contraignantes empêchant cette dernière de poursuivre son élargissement à l’Est ou d’installer des armements près du territoire russe.
Les Etats-Unis et leurs alliés européens affirment que l’Ukraine est libre de ses choix et que la décision de l’accepter ou non au sein de l’Otan appartient aux pays membres.
Vladimir Poutine s’est entretenu mardi avec Joe Biden. Le Kremlin a rapporté dimanche que le président russe avait affirmé à son homologue américain que l’armée russe ne constituait pas une menace pour l’Ukraine et qu’elle était injustement mise en cause pour des mouvements de troupes sur son propre territoire.
« Nous appelons la Russie à la désescalade, à la recherche de solutions diplomatiques, et au respect de ses engagements internationaux de transparence sur ses activités militaires », déclarent les ministres des Affaires étrangères du G7 dans leur communiqué.
« Nous reconfirmons notre soutien aux efforts de la France et de l’Allemagne au sein du format Normandie pour atteindre la pleine mise en oeuvre des accords de Minsk afin de résoudre le conflit dans l’est de l’Ukraine », ajoutent-ils.
Le G7 réunit la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Canada et les Etats-Unis. Un représentant de l’Union européenne participe aussi à ses réunions.
(Avec William James, version française Bertrand Boucey)
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