Von der Leyen détaille ses priorités après les critiques sur l’accord commercial UE-USA
STRASBOURG (Reuters) – La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit détailler mercredi ses priorités pour l’année à venir, alors que l’été a été marqué par l’accord commercial, très critiqué, qu’elle a conclu avec le président américain Donald Trump au nom des Vingt-Sept.
Ursula von der Leyen va effectuer devant le Parlement de Strasbourg à 07h00 GMT le traditionnel discours sur l’état de l’Union, qui constitue chaque année une opportunité de donner les grandes lignes du programme politique de l’exécutif européen.
Reconduite en juillet 2024 pour un second mandat à la tête de la Commission européenne, la politicienne allemande a promis notamment d’oeuvrer au renforcement des défenses de l’Europe face à la menace représentée par la Russie et de soutenir la compétitivité économique du bloc communautaire.
Elle a également prôné un soutien sans faille à l’Ukraine via la poursuite des aides européennes à Kyiv et l’imposition de sanctions supplémentaires contre Moscou pour l’invasion lancée en février 2022.
Ursula von der Leyen s’est toutefois retrouvée dans un tourbillon de critiques à la suite de l’accord commercial avec les Etats-Unis scellé en juillet lors d’une visite rendue à Donald Trump dans son domaine de golf de Turnberry en Ecosse.
Outre des droits de douane américains de 15% sur la plupart des produits en provenance de l’UE – un taux nettement plus important que celui en vigueur avant le retour de Donald Trump au pouvoir -, l’accord prévoit la levée des droits de douane européens sur les produits industriels américains et favorise l’accès des produits agricoles américains au marché européen.
Nombre de politiciens et d’observateurs ont dénoncé un accord déséquilibré, favorable à Washington. Le désormais ex-chef du gouvernement français, François Bayrou, a déploré alors une « soumission ».
« BOUC ÉMISSAIRE »
Des représentants européens ont mis en avant le fait qu’une guerre commerciale avec la première puissance économique mondiale a été évitée, présentant l’accord comme le meilleur possible et soulignant qu’il permettait de lever les incertitudes pour les entreprises européennes.
Il s’agissait aussi, pour certains dirigeants européens, d’éviter une escalade des tensions avec Donald Trump, en parallèle aux doutes sur le soutien sécuritaire, crucial, apporté par les Etats-Unis à l’Europe.
Ursula von der Leyen est devenue la « bouc émissaire » de dirigeants européens cherchant à masquer leurs propres insuffisances, a déclaré Alberto Alemanno, professeur de droit européen à HEC Paris.
« C’est vrai: Von der Leyen incarne les faiblesses de l’UE, mais elles ne sont pas de son fait », a-t-il écrit sur le réseau social X. « A elle seule, elle ne peut riposter aux Etats-Unis, agir de façon décisive pour Gaza, ou servir de médiateur pour des discussions sur l’Ukraine ».
La Commission européenne a proposé cette année un éventail de mesures destinées à lever les obstacles bureaucratiques pour les industries en difficulté et à aider les firmes européennes à concurrencer leurs rivales en Chine et aux Etats-Unis.
Saluées par certaines industries, ces démarches ont été critiquées par d’autres qui reprochent à l’exécutif européen de n’avoir pas réalisé suffisamment d’efforts pour mettre en oeuvre la feuille de route préparée par l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, pour accroître la productivité et les investissements en Europe.
(Andrew Gray à Bruxelles et Kate Abnett à Strasbourg; version française Jean Terzian)
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