USA-Le chef de l’antiterrorisme démissionne en raison de la guerre en Iran
par Erin Banco et Phil Stewart
WASHINGTON, 17 mars (Reuters) – Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme aux Etats-Unis, a annoncé mardi sa démission en raison de la guerre contre l’Iran, affirmant dans une lettre à Donald Trump diffusée sur X que « l’Iran ne représentait aucune menace imminente » pour les Etats-Unis.
Il est le premier responsable de haut rang au sein de l’administration Trump à démissionner en raison de ce conflit déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains sur l’Iran.
« Je ne peux en toute conscience soutenir la guerre en cours en Iran. L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre pays et il est évident que nous avons commencé cette guerre en raison de la pression exercée par Israël et son puissant lobby », écrit Joseph Kent dans sa lettre au président américain.
La Maison blanche a déclaré que la lettre de Joseph Kent contenait de « fausses affirmations ».
« Comme le président Trump l’a clairement et explicitement dit, il disposait de preuves puissantes et convaincantes sur le fait que l’Iran allait attaquer les Etats-Unis en premier », a dit Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison blanche, dans un communiqué. « Ces preuves ont été accumulées auprès de nombreuses sources et éléments. »
S’exprimant devant des journalistes à la Maison blanche, Donald Trump lui-même a jugé que cette démission était une « bonne chose » au motif que Joseph Kent était « très faible sur la sécurité ».
Joseph Kent n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire, pas plus que les services de la directrice du Renseignement national, Tulsi Gabbard, dont il dépend.
PARTISAN DE L' »AMERICA FIRST »
Bien que Joseph Kent soit connu pour son adhésion au principe « America First » et notoirement opposé aux interventions militaires américaines à l’étranger, sa démission semble avoir pris de court les responsables du renseignement américain.
Joseph Kent est considéré comme un proche de Tulsi Gabbard, elle-même discrète depuis le début de la guerre.
La directrice du Renseignement national n’a effectué aucune déclaration officielle sur cette guerre et n’est apparue en public qu’à l’occasion du rapatriement aux Etats-Unis des dépouilles des soldats américains tués dans le cadre de ce conflit.
Le conseil du renseignement national, qui dépend des services de Tulsi Gabbard, a émis plusieurs évaluations aussi bien avant qu’après le déclenchement des frappes israélo-américaines soulignant les risques de cette intervention militaire contre l’Iran.
Ces rapports ont notamment indiqué que le pouvoir iranien ne s’effondrerait probablement pas et qu’il riposterait probablement contre des installations militaires américaines dans la région et contre les alliés des Etats-Unis dans le Golfe.
L’opposition démocrate à Donald Trump a critiqué Joseph Kent par le passé pour sa proximité avec des personnalités d’extrême droite.
Mark Warner, sénateur de Virginie et chef de file des démocrates au sein de la commission du renseignement, a ainsi déclaré qu’il n’aurait jamais dû être confirmé à la tête des services antiterroristes.
« Mais sur ce point, il a raison: il n’y avait aucune preuve crédible d’une menace imminente de la part de l’Iran justifiant que les Etats-Unis se précipitent dans une nouvelle guerre de son choix », a-t-il dit dans un communiqué.
(Katharine Jackson, Susan Heavey, Phil Stewart, Erin Banco, Idrees Ali et Jarrett Renshaw, version française Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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